Macron reproche à Hollande de faire "les choses à moitié"

le , mis à jour à 12:20
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    * L'ex-ministre de l'Economie égratigne Hollande et Valls 
    * Il s'en prend également à Sarkozy 
    * Macron continue d'entretenir le flou sur 2017 
 
 (Actualisé avec Laurent Berger) 
    PARIS, 4 septembre (Reuters) - Emmanuel Macron reproche, 
dans une interview au Journal du Dimanche, à François Hollande 
d'avoir pendant son quinquennat fait "beaucoup de choses à 
moitié" et regrette de ne pas avoir pu engager une deuxième 
étape de réformes économiques.  
    L'ex-ministre de l'Economie, qui a démissionné pour se 
consacrer à son mouvement "En marche!", continue d'entretenir le 
flou sur une éventuelle candidature à l'élection présidentielle 
de 2017, tout en réaffirmant son souhait de voir gagner "les 
idées progressistes".  
    Durant le quinquennat, "je n'ai pas arrêté d'essayer, de 
proposer, de pousser mais si l'on veut réussir, on ne peut pas 
faire les choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup 
de choses à moitié!", estime Emmanuel Macron.  
    "Le choix a été fait de ne pas engager une deuxième étape 
des réformes économiques comme je le proposais avec la loi Noé. 
Nous avons eu une autre divergence après les attentats et un 
dissensus sur la déchéance (de nationalité des auteurs d'acte de 
terrorisme, auquel François Hollande a renoncé après l'avoir 
envisagée)", ajoute-t-il. 
    "J'aurais souhaité qu'on aille plus loin sur la politique 
européenne", poursuit l'ancien ministre en soulignant qu'il a 
exprimé ses désaccords "de manière apaisée, dès le début" et que 
le chef de l'Etat connaissait ses convictions. 
    "J'ai fait le choix de partir sans artifice et de manière 
apaisée", assure-t-il. 
    Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1 - Les Echos - 
iTÉLÉ, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger s'est 
"interrogé" sur les critiques émises par l'ex-ministre à 
l'encontre du gouvernement.  
    "Je pense que tout n'a pas été fait mais je vais vous dire 
une chose, je suis frappé que d'anciens ministres, et M. Macron 
n'est pas le seul, passent leur temps à critiquer ce qui s'est 
passé au moment où ils avaient une partie des manettes", a-t-il 
dit.  
    "Je trouve ça toujours un peu interrogeant", a-t-il ajouté. 
"En tout cas il (Emmanuel Macron) n'a sûrement pas tout bien 
fait non plus. Sur la question d'un certain nombre de filières 
industrielles, il y a encore beaucoup de travail à faire si on 
veut avancer".  
     
    SA CANDIDATURE SOUHAITÉE PAR 45% DES FRANÇAIS  
    A la question de savoir s'il a demandé au chef de l'Etat 
s'il serait candidat à sa propre succession, et s'il aurait 
démissionné en cas de réponse positive, il répond: "Je ne sais 
pas ce que fera le président de la République. Ma logique ne 
repose pas sur les questions de personnes. Il est très lucide et 
il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix 
n'est pas fait." 
    "Vous ne savez pas s'il le sera, ni si je le serai. Encore 
une fois, avoir des idées claires, des convictions partagées, 
c'est la condition pour faire et c'est cela dont le pays a 
besoin", dit-il encore. 
    Prié de dire ce qui le déciderait à se lancer, Emmanuel 
Macron indique que son objectif "est que les idées progressistes 
soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et 
gagnent pour pouvoir transformer notre pays."  
    "Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire 
de la présence du Front national au second tour le marchepied de 
l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux 
qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt 
que de faire gagner leurs idées et la France", déclare-t-il. 
    L'ancien ministre s'en prend plus particulièrement à Nicolas 
Sarkozy, en qui il voit "clairement l'un des hérauts du 
conservatisme". 
    "Sa vision de l'identité française est une forme de 
rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, 
le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne. Il 
dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays mais ce qu'il 
propose fracture au contraire le pays et nourrit les 
communautarismes: c'est incohérent." 
    Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd'hui en 
France, 74% des Français jugent qu'Emmanuel Macron a eu raison 
de quitter Bercy et 45% d'entre eux souhaitent qu'il se présente 
à l'élection présidentielle alors qu'ils étaient 40% en juin. 
    L'enquête a été réalisée les 1er et 2 septembre par internet 
auprès d'un échantillon de 1.024 personnes représentatif de la 
population française âgée de 18 ans et plus.    
 
 (Yann Le Guernigou, avec Henri-Pierre André et Marine 
Pennetier, édité par Tangi Salaün) 
 
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