Macron reproche à Hollande de faire "les choses à moitié"

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MACRON REGRETTE DE NE PAS AVOIR FAIT UNE DEUXIÈME ÉTAPE DE RÉFORMES ÉCONOMIQUES
MACRON REGRETTE DE NE PAS AVOIR FAIT UNE DEUXIÈME ÉTAPE DE RÉFORMES ÉCONOMIQUES

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron reproche, dans une interview au Journal du Dimanche, à François Hollande d'avoir pendant son quinquennat fait "beaucoup de choses à moitié" et regrette de ne pas avoir pu engager une deuxième étape de réformes économiques.

L'ex-ministre de l'Economie, qui a démissionné pour se consacrer à son mouvement "En marche!", continue d'entretenir le flou sur une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2017, tout en réaffirmant son souhait de voir gagner "les idées progressistes".

Durant le quinquennat, "je n'ai pas arrêté d'essayer, de proposer, de pousser mais si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup de choses à moitié !", estime Emmanuel Macron.

"Le choix a été fait de ne pas engager une deuxième étape des réformes économiques comme je le proposais avec la loi Noé. Nous avons eu une autre divergence après les attentats et un dissensus sur la déchéance (de nationalité des auteurs d'acte de terrorisme, auquel François Hollande a renoncé après l'avoir envisagée)", ajoute-t-il.

"J'aurais souhaité qu'on aille plus loin sur la politique européenne", poursuit l'ancien ministre en soulignant qu'il a exprimé ses désaccords "de manière apaisée, dès le début" et que le chef de l'Etat connaissait ses convictions.

"J'ai fait le choix de partir sans artifice et de manière apaisée", assure-t-il.

Invité dimanche du Grand Rendez-Vous Europe 1 - Les Echos - iTÉLÉ, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger s'est "interrogé" sur les critiques émises par l'ex-ministre à l'encontre du gouvernement.

"Je pense que tout n'a pas été fait mais je vais vous dire une chose, je suis frappé que d'anciens ministres, et M. Macron n'est pas le seul, passent leur temps à critiquer ce qui s'est passé au moment où ils avaient une partie des manettes", a-t-il dit.

"Je trouve ça toujours un peu interrogeant", a-t-il ajouté. "En tout cas il (Emmanuel Macron) n'a sûrement pas tout bien fait non plus. Sur la question d'un certain nombre de filières industrielles, il y a encore beaucoup de travail à faire si on veut avancer".

SA CANDIDATURE SOUHAITÉE PAR 45% DES FRANÇAIS

A la question de savoir s'il a demandé au chef de l'Etat s'il serait candidat à sa propre succession, et s'il aurait démissionné en cas de réponse positive, il répond: "Je ne sais pas ce que fera le président de la République. Ma logique ne repose pas sur les questions de personnes. Il est très lucide et il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix n'est pas fait."

"Vous ne savez pas s'il le sera, ni si je le serai. Encore une fois, avoir des idées claires, des convictions partagées, c'est la condition pour faire et c'est cela dont le pays a besoin", dit-il encore.

Prié de dire ce qui le déciderait à se lancer, Emmanuel Macron indique que son objectif "est que les idées progressistes soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et gagnent pour pouvoir transformer notre pays."

"Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire de la présence du Front national au second tour le marchepied de l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt que de faire gagner leurs idées et la France", déclare-t-il.

L'ancien ministre s'en prend plus particulièrement à Nicolas Sarkozy, en qui il voit "clairement l'un des hérauts du conservatisme".

"Sa vision de l'identité française est une forme de rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne. Il dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays mais ce qu'il propose fracture au contraire le pays et nourrit les communautarismes : c'est incohérent."

Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, 74% des Français jugent qu'Emmanuel Macron a eu raison de quitter Bercy et 45% d'entre eux souhaitent qu'il se présente à l'élection présidentielle alors qu'ils étaient 40% en juin.

L'enquête a été réalisée les 1er et 2 septembre par internet auprès d'un échantillon de 1.024 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

(Yann Le Guernigou, avec Henri-Pierre André et Marine Pennetier, édité par Tangi Salaün)

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  • alleyras il y a 3 mois

    Heureusement qu'il n'a fait les choses qu'à moitié: c'est demi mal!

  • bearnhar il y a 3 mois

    Ah ah ah...C'est vrai que ce gars ne sait faire les choses qu'à moitié, on nomme cela " ni fait ni à faire ". Exemple le plus récent, la demie grace de madame Sauvage. Quand à l'avis des dirigeants des syndicats, ils sont gentils mais qu'ils se contentent de faire du syndicalisme et qu'ils laissent la politique aux électeurs, on va s'en charger n'ayez crainte.