Macron raille la "fébrilité" de ses détracteurs

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MACRON INVITÉ VEDETTE D'UN COLLOQUE DE "RÉFORMISTES" À LYON
MACRON INVITÉ VEDETTE D'UN COLLOQUE DE "RÉFORMISTES" À LYON

par Catherine Lagrange

LYON (Reuters) - L'ex-ministre de l'Economie Emmanuel Macron, qui a quitté le gouvernement fin août pour se consacrer à son mouvement "En Marche !" dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017, a raillé samedi la "fébrilité" de ses détracteurs.

Emmanuel Macron était l'invité vedette d'un colloque des "réformistes européens" organisé à Lyon par le maire de la ville, Gérard Collomb, un de ses soutiens, "Les Gracques", un groupe de réflexion de gauche, et l'Institut Montaigne, avec des "think-tank" britannique, italien et allemand.

Il avait initialement été convié en tant que ministre de l'Economie pour conclure ce colloque sur le thème "Reprendre confiance", ce que sa démission n'a pas remis en cause.

Des invités ont alors renoncé à venir à ce colloque auquel plus de 500 personnes ont participé, dont des représentants du monde syndical, de l'entreprise et de la société civile et des personnalités politiques françaises et étrangères.

Selon une source proche des organisateurs, certains ont invoqué des pressions du sommet de l'Etat ou de la direction du Parti socialiste, comme le Commissaire général à la stratégie et à la prospective, l'économiste Jean Pisani-Ferry.

"Il nous a dit qu'on lui avait fortement conseillé de ne pas venir", a-t-on précisé à Reuters de même source. "Dans la liste des invités, beaucoup ont été appelés."

Des pressions confirmées par Gérard Collomb mais démenties catégoriquement par l'entourage de François Hollande : "C'est faux. Il n'y a eu aucune intervention de l'Elysée", a-t-on dit à Reuters à la présidence de la République.

MACRON RIVAL POTENTIEL DE HOLLANDE

Emmanuel Macron, qui fait figure de rival du chef de l'Etat bien que ni l'un ni l'autre ne soit encore officiellement candidat à la présidentielle, a imputé à des "contraintes d'agenda" l'absence du chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, et du ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel.

Il a en revanche laissé entendre qu'il y avait bien eu intervention pour dissuader d'autres invités de venir.

"D’autres responsables, plutôt français, se sont désengagés", a-t-il dit à la presse à son arrivée au Musée des Confluences, où avait lieu le colloque. "Ou bien ils n’avaient pas grand chose à dire. Ou bien, ils sont l’objet de pression et acceptent de subir les pressions."

D'autres ont mis en avant la crainte que leur participation soit perçue comme un soutien à Emmanuel Macron, comme le think tank Terra Nova, proche du PS, ou le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici.

"Y aller, c'était se rallier et j'ai trop de bouteille pour servir de tête de gondole à un candidat dont je ne partage pas les convictions", a déclaré ce dernier au Monde.

Selon son entourage, Emmanuel Macron entend présenter un diagnostic de la France et de l'Europe, fruit de milliers de questionnaires ramenés d'une collecte lancée par "En Marche !" fin mai, lors de trois réunions publiques : le 4 octobre à Strasbourg, le 11 au Mans et le 18 à Montpellier.

Sur la base de ce diagnostic, il présentera à la mi-novembre son "plan de transformation" de la France, précise-t-on de même source. Un livre est également en préparation.

"DEMANDEZ AUX FÉBRILES"

La décision d'"y aller ou pas" ne sera prise qu'à l'issue de cette séquence, entre fin novembre et fin décembre, "quand il aura une bonne vision de l'émergence de son projet, de son mouvement et de l'adhésion que cela suscite dans l'opinion".

"En Marche !" revendique aujourd'hui plus de 80.000 adhérents et les sondages créditent Emmanuel Macron de meilleures intentions de vote que le chef de l'Etat au premier tour de la présidentielle du printemps prochain.

"Les pressions traduisent une fébrilité. Donc demandez aux fébriles. Nous ne le sommes pas", a ironisé l'ex-ministre de l'Economie à son arrivée au colloque de Lyon.

L'ex-protégé de François Hollande a redit à la presse que son intention était de lancer un "large rassemblement des progressistes autour de valeurs (...) et d’un projet commun", ouvert aux hommes et femmes de gauche, socialistes, radicaux et écologistes, mais aussi du centre droit ou de la société civile.

"C’est tout sauf une aventure personnelle", a ajouté Emmanuel Macron, qui a également déclaré ne pas croire aux "regroupements d'appareils" politiques.

"Les plus grands partis sont fatigués et pris dans leurs contradictions, prêts à remplacer le consensus autour des idées par des compromis d’appareils", a-t-il expliqué. "Cela amène à la trahison démocratique, à la frustration de nos concitoyens."

(Catherine Lagrange, avec Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau à Paris)

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