Macron lance sa "Grande Marche" vers un "plan d'action"

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    * 14.000 volontaires vont faire du porte-à-porte en France 
    * Emmanuel Macron fera à la fin de l'été la synthèse du 
diagnostic recueilli 
    * Il veut bâtir un "plan d'action" sur la base de cet audit 
    * Manuel Valls l'invite à se concentrer sur son ministère 
 
    PARIS, 28 mai (Reuters) - Le ministre de l'Economie, 
Emmanuel Macron, a lancé samedi sa "Grande Marche", une vaste 
opération de recueil des doléances des Français dont il veut 
faire le socle d'un "plan d'action" pour "changer en profondeur" 
la France. 
    Ce chouchou des sondages, qui irrite ses collègues du 
gouvernement par ses déclarations en décalage avec la ligne 
officielle, a franchi un pas de plus en constituant début avril 
un mouvement politique baptisé "En Marche", qui revendique 
aujourd'hui quelque 50.000 adhérents. 
    L'ex-banquier de 38 ans, qui n'a jamais été élu, laisse 
planer le doute sur ses intentions en refusant de dire s'il sera 
ou non candidat à l'élection présidentielle du printemps 2017. 
    Chemise blanche et col ouvert, entouré de quelques 
partisans, il s'est adressé, dans une vidéo diffusée sur la page 
Facebook de son mouvement aux 14.000 adhérents volontaires pour 
faire du porte-à-porte dans toute la France pendant deux mois. 
    "Aujourd'hui sur le terrain, vous serez d'ores et déjà 2.000 
à vous déployer", a-t-il précisé. "Cette mobilisation, c'est le 
premier temps essentiel de la construction de notre mouvement." 
    L'objet de cette "Grande Marche" est "d'aller à la rencontre 
des Français" et de "redonner une voix à ceux qui n'en n'ont 
pas" pour dresser un diagnostic du pays, a expliqué le ministre. 
    "On ne peut pas construire un projet sans comprendre où en 
est le pays et on ne peut pas comprendre où en est le pays à 
quelques-uns dans un bureau ou quelques-uns qui se ressemblent", 
a-t-il dit. "Allez vers celles et ceux qui ne vous ressemblent 
pas, vers celles et ceux qui ne sont pas d'accord avec vous." 
    Il a fixé à ses troupes un objectif: ramener 100.000 
témoignages de Françaises et de Français d'ici fin juillet, 
auxquels s'ajouteront les contributions des 50.000 membres d'"En 
Marche", d'intellectuels et d'experts, d'artistes.  
    "A la fin de l'été, je ferai la synthèse", a poursuivi 
Emmanuel Macron. Cet "audit" sera "le socle sur lequel nous 
allons construire notre action (...) Ensuite, à partir du mois 
de septembre, nous construirons un plan d'action pour 
transformer le pays, pour le changer en profondeur." 
     
    "RECONSTITUER L'INTÉRÊT GÉNÉRAL" 
    Il a au passage brocardé les "partis classiques", incapables 
selon lui de relever les défis du moment et dont il entend se 
démarquer avec son mouvement, dont les adhérents, a-t-il 
insisté, viennent de gauche, de droite, du centre ou n'ont 
jamais eu d'engagement politique. 
    "Je pense qu'autour d'un projet (...) pour le pays, on peut 
se regrouper et on peut construire, en quelque sorte, le camp du 
progrès", a expliqué le ministre de l'Economie. 
    Il a énuméré quatre grands défis à relever: celui du 
travail, avec les problèmes de formation, de rémunération et de 
régulation; les inégalités qu'il faut corriger "sans empêcher 
certains de réussir" tout en traquant "les rentes là où elles 
créent des injustices profondes"; le "rapport à l'ordre" et à 
l'"identité"; et "retrouver le rêve européen". 
    "On ne construira pas un plan d'action sur le clientélisme, 
sur le fait de vouloir satisfaire untel ou untel", a-t-il 
promis. "On doit essayer de reconstituer l'intérêt général." 
    Emmanuel Macron a déclaré récemment aux Echos que 2.000 
donateurs avaient déjà versé des contributions financières 
(limitées à 7.500 euros par la loi) à "En Marche". 
    Dans un mail du 18 mai dont Reuters a eu copie, Emmanuel 
Macron explique qu'"En Marche" n'ayant à ce jour aucun élu dans 
ces rangs n'a droit à aucune subvention publique, mais que le 
mouvement a néanmoins opté pour l'adhésion gratuite. 
    "Il ne faut cependant pas être naïf: changer la politique 
pour transformer notre société nécessite d'être organisé. Et 
cela coûte de l'argent", ajoute-t-il dans cet appel aux dons. 
    La préparation de la "Grande Marche" et l'amélioration des 
outils numériques du mouvement a déjà coûté près de 400.000 
euros, précise-t-il. 
    Dans une interview publiée samedi par Le Parisien, le 
Premier ministre, Manuel Valls, déclare à propos de la démarche 
de son ministre de l'Economie: "C'est bien de faire du 
porte-à-porte (...) mais dans les heures où on n'est pas 
ministre." 
    Le chef du gouvernement, qui dit pour sa part "inciter" 
François Hollande à briguer un nouveau mandat, reconnaît du 
talent à Emmanuel Macron et le juge loyal au chef de l'Etat mais 
l'incite à se concentrer sur ses fonctions gouvernementales. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Michel Rose) 
 
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  • frk987 il y a 6 mois

    Il n'a pas osé la "longue marche" le grand timonier !!!!