Macron juge les élites en partie responsables de la radicalisation

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    PARIS, 29 novembre (Reuters) - Le ministre de l'Economie, 
Emmanuel Macron, a affirmé dans un entretien diffusé dimanche, 
deux semaines après les attaques meurtrières à Paris, que les 
"élites" portaient une part de responsabilité dans la 
radicalisation de certains Français. 
    Le ministre avait tenu le week-end dernier des propos allant 
dans le même sens, à contre-courant du diagnostic posé par une 
partie de la classe politique française, y compris à gauche. 
    "Le devoir de tout responsable politique, c'est de 
comprendre, d'expliquer. Pas pour excuser, pour ne pas que ça se 
reproduise", a déclaré le ministre de l'Economie dans 
l'interview diffusée dimanche par Canal+. 
    "Si on regarde les choses en face, ces jeunes sont nés, ils 
ont grandi en France. Ce ne sont pas des gens d'un autre 
continent, d'une autre planète", a-t-il dit au sujet des auteurs 
des attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts. 
    "Comment la radicalisation arrive dans nos sociétés ? Parce 
qu'il y a cet hydre morbide qu'est le terrorisme djihadiste, 
mais parce qu'on a aussi quelque part raté quelque chose", a 
ajouté Emmanuel Macron. 
    "On a laissé s'installer de l'exclusion. Je ne dis pas que 
l'exclusion explique, je dis qu'elle est là. Ces jeunes qui se 
radicalisent, ce sont des jeunes qui parfois ont perdu le lien 
familial, qui parfois n'avaient plus d'espoir social", a-t-il 
encore dit. 
    D'après lui, "les élites, pas la société (...), ont une 
responsabilité". 
    Interrogée dimanche matin sur les propos tenus la semaine 
dernière par son collègue au gouvernement, Ségolène Royal s'est 
dite en "total désaccord" et précisé qu'il ne fallait pas, selon 
elle, "culpabiliser la République française". "Je crois qu'il ne 
faut absolument pas tenir ces propos", a déclaré la ministre de 
l'Ecologie au Grand rendez-vous Europe 1-iTELE-Le Monde. 
    Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe 
Cambadélis, a quant à lui affirmé lors du Grand jury RTL-Le 
Figaro-LCI que ce n'était pas "le sujet du moment". 
    Cette semaine, le Premier ministre, Manuel Valls, avait jugé 
à l'Assemblée nationale qu'il ne fallait chercher "aucune excuse 
sociale, sociologique et culturelle". "Dans notre pays, rien ne 
justifie qu'on prenne des armes et qu'on s'en prenne à ses 
propres compatriotes", avait-il dit lors d'une séance de 
questions au gouvernement.   
    L'émission diffusée dimanche par Canal+ avait été pour 
l'essentiel enregistrée avant les attaques du 13 novembre, mais 
un complément dans lequel le ministre de l'Economie s'exprime 
sur la radicalisation a été tourné vendredi, précise l'émission 
sur son compte Twitter. 
 
 (Simon Carraud; édité par Henri-Pierre André) 
 
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  • ref1929 le dimanche 29 nov 2015 à 15:38

    L'élite est la minorité d'individus auxquels s'attache, dans une société, un prestige et en pratique le plus de pouvoir dû à des qualités naturelles ou acquises. Du a des qualités naturelles ou acquises.... ou voit il des élites ?

  • bordo le dimanche 29 nov 2015 à 14:22

    Culture de l'excuse comme d'habitude. Des gros finasseurs de politiques se sont dits "chouette des pauvres ils vont voter à gauche". Ben non ils votent pas à gauche, ils rafalent dans les rues. Et du reste tout cela ne sert à rien. Une seule question : que faisons-nous ?