Macron et le gouvernement "confiants" avant une rentrée houleuse

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    * Réformes à risques, économies draconiennes pour 2018 
    * "Certains prédisent le pire", souligne Emmanuel Macron 
    * "Nous pouvons le faire, nous allons le faire", dit 
Philippe 
 
 (Actualisé avec conférence de presse de Philippe) 
    par Jean-Baptiste Vey 
    PARIS, 28 août (Reuters) - L'exécutif est confiant et serein 
avant une rentrée qu'il sait délicate, a déclaré lundi Edouard 
Philippe, à quelques jours du premier mouvement social du 
quinquennat et de l'annonce d'économies draconiennes sur fond de 
chute dans les sondages. 
    Les prochaines semaines doivent permettre de tenir les 
promesses de campagne d'Emmanuel Macron et de "résorber les 
difficultés qui nous minent depuis 25 ans", a ajouté le Premier 
ministre après le séminaire de rentrée du gouvernement. 
    "Nous avons confiance. Nous avons confiance dans le fait que 
le pays a besoin de transformations et que les Français le 
savent", a-t-il dit devant les journalistes. 
    "Le débat public, c'est un exercice parfois délicat" quand 
on réforme le pays, a-t-il ajouté. "Notre conviction, c'est que 
nous pouvons le faire, que nous allons le faire. Nous abordons 
cette rentrée avec confiance, je dirais même avec une grande 
sérénité, avec une très grande détermination." 
    En ouvrant le séminaire à l'Elysée, Emmanuel Macron a 
lui-même souligné que "certains prédisent le pire". 
    Sa cote de popularité a plongé de 14 points en août, après 
une chute de dix points en juillet, pour s'établir à 40% de 
bonnes opinions, dans le baromètre Ifop-JDD.   
    Pour Emmanuel Macron, "les vraies difficultés arrivent, les 
vrais risques de rupture avec l'opinion publique se présentent", 
souligne Gaël Sliman, président de l'institut de sondages Odoxa. 
         
    RÉFORMES À RISQUES, ÉCONOMIES DRACONIENNES  
    Jeudi sera une étape importante, avec la présentation des 
ordonnances modifiant le droit du travail, dont le contenu 
pourrait décider certains syndicats à emboîter le pas à la CGT, 
qui appelle à manifester le 12 septembre. 
    Sans attendre cette date, le syndicat Solidaires compte 
déclencher une première salve mercredi, en marge de l'université 
d'été du Medef à Jouy-en-Josas (Yvelines).    
    La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon organise quant à 
elle une journée d'action le 23 septembre et les principaux 
syndicats étudiants, Fage et Unef, n'excluent pas de manifester. 
    Selon un sondage Odoxa pour RTL publié lundi, 63% des 
Français ne font pas confiance au président et au gouvernement 
pour réformer le droit du travail. 
    Huit français sur dix pensent que la réforme aboutira à un 
mouvement de contestation sociale généralisée.   
    Diminution des budgets en cours d'exercice, rabotage des 
aides au logement, gel du point d'indice des fonctionnaires, 
rétablissement pour eux d'un jour de carence et report à 
l'automne 2018 d'une partie de la baisse des cotisations ne sont 
qu'un avant-goût des mesures d'économies à venir. 
    Le gouvernement présentera les 27 et 28 septembre les 
projets de budgets de l'Etat et de la Sécurité sociale, dans 
lesquels il prévoit de réaliser une vingtaine de milliards 
d'euros d'économies. 
    Après la réforme du droit du travail seront engagées celles 
de l'assurance chômage et des retraites, deux autres chantiers à 
risque.    
    "Gouverner et préparer un budget, c'est choisir. Et choisir, 
c'est parfois difficile", a dit Edouard Philippe. "Notre 
objectif est simple, c'est de commencer à réparer le pays." 
             
    PARLER AUX FRANÇAIS 
    Entre le séminaire et le conseil des ministres de mercredi, 
le président sera de nouveau plongé dans les dossiers européens 
et internationaux. 
    Il recevait lundi après-midi la chancelière Angela Merkel, 
le président du Conseil italien, Paolo Gentiloni, le président 
du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, les présidents nigérien 
et tchadien, Mahamadou Issoufou et Idriss Deby, et le Premier 
ministre libyen, Fayez Seraj, pour parler migrations.  
    Mardi, il s'adressera aux ambassadeurs de France, avant de 
rencontrer à Luxembourg les Premiers ministres luxembourgeois et 
belge, Xavier Bettel et Charles Michel. 
    Déjà retenu loin de France la semaine dernière par une 
tournée en Europe centrale et orientale de trois jours, le chef 
de l'Etat réfléchit à une façon de s'adresser aux Français et 
pourrait prendre la parole très prochainement.  
    "Il considère qu'on parle quand on a quelque chose à dire 
(...), quand le moment est pertinent, utile, quand il y a un 
moment politique. Là, on est dans un moment utile", 
explique-t-on dans son entourage. 
         
    LE CALENDRIER des réformes   
    LE POINT sur la rentrée politique et sociale    
 
 (avec Marine Pennetier, Myriam Rivet et Caroline Paillez, édité 
par Sophie Louet) 
 
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