Macron et Gabriel plaident pour un budget de la zone euro

le , mis à jour à 09:31
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PARIS (Reuters) - Les ministres français et allemand de l'Economie, Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel, plaident jeudi pour la mise en place d'un budget de la zone euro et une simplification de l'Union européenne, piliers de l'Europe à deux vitesses appelée de ses voeux par le premier.

Dans une tribune publiée par plusieurs journaux européens, dont Le Figaro en France, les deux ministres souhaitent que l'Union européenne se réforme pour retrouver de la convergence économique et lutter contre la montée de l'euroscepticisme.

Ils estiment que le temps est venu aujourd'hui de "réparer les défauts de construction de l'union monétaire" et de construire une "union économique et sociale" par étapes, dont l'une serait un rapprochement "de nos systèmes fiscaux et sociaux".

"Cet agenda de convergence entre les Etats membres poserait les bases d'un budget commun à l'échelle de la zone euro, qui est la condition de l'efficacité de notre union monétaire", écrivent-ils.

"Il importe de donner à la zone euro une compétence budgétaire en plus des budgets nationaux, afin d'améliorer notre capacité à jouer les stabilisateurs économiques et à adapter notre politique budgétaire au cycle économique."

Le socialiste Emmanuel Macron et le social-démocrate Sigmar Gabriel, qui est également vice-chancelier, estiment que la mise sur pied de ce budget pourrait se faire dans un premier temps dans le cadre du "plan Juncker", le programme d'investissements qui vise la levée de quelque 300 milliards d'euros.

PRODUCTION ET STABILISATION

"Dans un second temps, nous pourrions créer pour la zone euro une véritable capacité budgétaire qui posséderait deux volets : un volet production, un volet stabilisation", disent-ils en ébauchant des pistes pour doter ce budget de "ressources propres" : la taxe sur les transactions financières ou une part d'un impôt harmonisé sur les sociétés.

Ce budget devrait s'accompagner, selon eux, d'un cadre légal de restructuration des dettes et de la transformation du Mécanisme européen de stabilité, le dispositif consacré à l'aide aux Etats en difficulté, en "véritable Fonds monétaire européen".

Ils plaident par ailleurs pour davantage de "clarté" et "d'efficacité" de l'Union européen à 28, avec davantage de "subsidiarité", donc de compétences ramenées au niveau des Etats.

"On doit simplifier, 28 commissaires c'est trop, on doit déléguer", a souligné Emmanuel Macron jeudi sur France Info, évoquant là une possible convergence avec la Grande-Bretagne, dont le Premier ministre David Cameron a entrepris un tour d'Europe avant un référendum sur le maintien de son pays dans l'UE prévu en 2017.

Les ministres français et allemand de l'Economie souhaitent en outre une accélération du "marché unique", notamment dans les domaines de l'énergie et du numérique, ce dernier faisant l'objet d'une stratégie européenne présentée il y a un mois.

Dans une interview au Journal du dimanche (JDD) du 31 mai, Emmanuel Macron défend l'idée d'une Europe "à deux vitesses" avec une "avant-garde de la zone euro" et, "en temps voulu", une réforme des traités européens, ce que la France et l'Allemagne semblent exclure, au moins dans l'immédiat.

Deux jours auparavant, Sigmar Gabriel avait estimé dans une tribune publiée par le quotidien Bild, que l'Allemagne et la France devaient poursuivre la construction européenne sans nécessairement attendre que les autres pays de l'Union les suivent au même rythme.

(Gregory Blachier, édité par Danielle Rouquié)

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