Macron, en quête du "consensus", ne veut pas fragiliser Hollande

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    * Il revendique 13.000 adhérents à "En Marche" 
    * Du porte-à-porte pour dresser le bilan du pays 
    * "Ce n'est pas une aventure personnelle", assure-t-il 
 
    PARIS, 10 avril (Reuters) - Emmanuel Macron, initiateur d'un 
mouvement politique "au-delà des clivages classiques", a assuré 
dimanche soir qu'il ne ferait rien qui puisse "fragiliser" 
François Hollande et que sa seule ambition était de proposer des 
"solutions radicales" pour la France dans la perspective de la 
présidentielle de 2017. 
    Invité de France 2, le ministre de l'Economie a revendiqué 
13.000 adhérents (un nouvel adhérent "toutes les trente 
secondes") à son collectif "En Marche" lancé mercredi dernier 
avec l'assentiment, a-t-il répété, du chef de l'Etat. 
    Emmanuel Macron, qui plaide pour "une ambition collective, 
apaisée" et nie jouer les rabatteurs pour François Hollande, 
proposera à ces hérauts de participer à "une grande opération de 
porte-à-porte" pour dresser "d'ici la fin de l'été" le bilan du 
pays. "Il y aura plus de 100.000 portes ouvertes", a-t-il 
affirmé. 
    "Aujourd'hui, notre pays n'a pas le droit de manquer le 
prochain rendez-vous sur le plan des idées, sur le plan de 
l'action, c'est-à-dire préparer les solutions radicales qui 
auront été définies de manière transparente, consensuelle, avant 
l'échéance de 2017", a-t-il justifié. 
    Se défendant à nouveau de briguer l'Elysée, Emmanuel Macron, 
38 ans, a réaffirmé sa loyauté à François Hollande et souligné 
rechercher exclusivement le rassemblement "des bonnes volontés 
de droite et de gauche" sur des thèmes tels que "le rapport au 
travail", "la réconciliation de liberté et de la justice" et 
l'Europe. 
    "Ce n'est pas une aventure personnelle. (...) Je ne ferai 
rien qui fragilise le président de la République, je suis 
attaché à ma relation personnelle avec François Hollande", 
a-t-il dit. 
     
    UNE INITIATIVE "SYMPATHIQUE" POUR ROYAL 
    "Faire de la politique, ce n'est pas une profession 
réglementée", a dit le ministre en espérant que les citoyens 
français "prennent conscience qu'ils sont des acteurs 
politiques". 
    Le Premier ministre Manuel Valls, qui avait jugé "absurde" 
de chercher à dépasser le clivage droite-gauche, a modéré son 
propos samedi en estimant que chacun était "dans son rôle pour 
élargir" et avait "le devoir de rassembler pour le président de 
la République".   
    L'initiative fait toutefois grincer des dents au 
gouvernement mais la ministre de l'Environnement, Ségolène 
Royal, la trouve pour sa part "sympathique". 
    "C'est bien de réfléchir, de travailler", a-t-elle dit 
dimanche au "Grand Jury" RTL-Le Figaro-LCI. "C'est une 
personnalité utile, positive". 
    Le président du Medef, Pierre Gattaz, a lui aussi salué le 
bond en avant du ministre de l'Economie. 
    "Je suis assez en phase avec Emmanuel Macron, il connaît le 
monde et l'économie", a-t-il dit sur iTELE. 
    L'ancien Premier ministre François Fillon, candidat à 
l'investiture à droite pour la présidentielle de 2017, s'est 
interrogé d'un ton critique sur les desseins d'Emmanuel Macron : 
"Une nouvelle recette à la sauce hollandaise ou un plat 
autonome"? 
    "Il faut qu'il fasse, de mon point de vue, avec un peu moins 
de marketing, il y a un problème d'authenticité du message", 
a-t-il dit au "Grand Rendez-vous" Europe 1-Le Monde-iTELE. 
    "Il faut qu'il prouve qu'il est compétent (...) Il n'a rien 
démontré pour le moment", a-t-il ajouté. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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  • nayara10 le dimanche 10 avr 2016 à 23:17

    Un nouveau Bairoux ...