Macron auprès des troupes engagées contre les djihadistes au Mali

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    * Premier déplacement du président sur un théâtre militaire 
    * Entretien avec le président malien, adresse aux troupes 
 
    par Marine Pennetier 
    GAO, Mali, 19 mai (Reuters) - Emmanuel Macron est attendu ce 
vendredi au Mali pour une visite auprès des troupes françaises 
déployées à Gao, son premier déplacement sur un théâtre 
militaire depuis son investiture, dans un contexte de regain de 
tensions quatre ans après l'intervention Serval.  
    Le chef de l'Etat, qui sera accueilli à son arrivée dans la 
matinée par son homologue malien Ibrahim Boubacar Keïta, sera 
accompagné de la ministre des Armées Sylvie Goulard, de 
Jean-Yves Le Drian, passé de la Défense aux Affaires étrangères, 
et du directeur général de l'Agence française de développement 
(AFD), Rémy Rioux.  
    Au programme de cette visite de 6h30 dans une base où 1.600 
soldats français sont déployés dans la cadre de l'opération 
Barkhane : deux entretiens avec le président malien, une 
présentation des unités avant une adresse d'Emmanuel Macron qui 
devrait exprimer sa "confiance et sa détermination à poursuivre 
cet engagement".  
    "Emmanuel Macron avait pris un engagement très fort au cours 
de la campagne, celui de se rendre immédiatement après son 
élection auprès des forces françaises engagées sur le terrain 
dans la lutte contre le terrorisme", souligne-t-on à l'Elysée.  
    "Gao est une ville symbole, qui a vécu un martyre au moment 
de son occupation par les djihadistes, qui a été libérée par 
l'intervention française, c'est le symbole de la poursuite de la 
lutte contre le terrorisme, une lutte qui continue de s'imposer 
comme le montre l'attentat de janvier dernier", ajoute-t-on.  
    Le 18 janvier, près de 80 personnes ont été tuées dans un 
attentat contre des éléments des patrouilles mixtes du Mécanisme 
opérationnel de coordination (MOC), réunissant des ex-rebelles, 
des soldats maliens et des groupes armés pro-gouvernement. 
    Cet attentat, l'un des plus meurtriers de ces dernières 
années dans le nord du Mali, avait porté un coup à ce dispositif 
créé dans le cadre du processus de paix et de réconciliation et 
censé rétablir la confiance entre les différents groupes. 
     
    PROCESSUS DE PAIX 
    Quatre ans après l'intervention militaire française, 
déclenchée pour contrer l'avancée de groupes djihadistes qui 
menaçaient la capitale Bamako, la situation sécuritaire reste 
précaire dans le pays où les forces nationales et étrangères 
sont régulièrement prises pour cibles. 
    Début avril, un militaire du 6e régiment du génie d'Angers a 
été tué dans une embuscade dans l'est du Mali, près de la 
frontière avec le Burkina Faso, portant à 19 le nombre de 
soldats français tués dans la région depuis 2013. 
    "Le processus politique ne va pas assez vite mais il y a 
quand même des frémissements", souligne-t-on dans l'entourage du 
chef de l'Etat français. 
    Lors de leur entretien, les deux présidents devraient 
aborder les volets politique et militaire ainsi que l'initiative 
régionale du G5 Sahel dont le Mali assure actuellement la 
présidence. 
    Le chef de l'Etat français "va écouter, il va marquer son 
soutien", dit-on à Paris. La question d'un appui européen aux 
pays de la région dans la lutte contre le terrorisme, que Paris 
appelle de ses voeux depuis plusieurs années, devrait également 
être évoquée.  
    Lors de son discours sur la politique de Défense le 18 mars 
dernier, Emmanuel Macron, alors candidat, avait fait état de 
"défis" encore "considérables" dans la bande sahélo-saharienne. 
    "Ceci confirme que notre ennemi, principalement Al Qaïda,  
quoique affaibli, reste résolu à déstabiliser les pays de la 
région, le Mali et le Niger, qui tentent de faire face malgré la 
faiblesse de leurs moyens", avait-il dit.  
    "Dès mon élection, je demanderai au ministre de la Défense 
et aux chefs militaires d'accélérer nos actions d'appui à la 
montée en puissance des forces du G5 Sahel afin d'accroître leur 
efficacité", avait-il ajouté. 
    Ce déplacement, le deuxième à l'étranger depuis son 
investiture, sera également l'occasion pour Emmanuel Macron, 
premier président à ne pas avoir effectué de service militaire, 
de peaufiner encore sa stature de chef des armées.  
    Un mouvement engagé dès le jour de son investiture. Le 
nouveau président de 39 ans, soutenu par Jean-Yves Le Drian, 
avait notamment multiplié les gestes en faveur des militaires, 
avec une visite aux soldats blessés et une remontée des 
Champs-Elysées à bord d'un "command car" militaire. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
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