Machisme : ces lieux interdits aux femmes

le , mis à jour à 07:11
0
Machisme : ces lieux interdits aux femmes
Machisme : ces lieux interdits aux femmes

Commander un café au comptoir. Grimper dans un bus en jupe un peu courte. Participer aux fêtes estivales d'une ville tard dans la nuit sans passer pour une proie facile et puis oser rentrer chez soi seule. Trois fois rien pour vous, messieurs ? Pour nombre de femmes, et pas seulement lorsqu'elles vivent dans un quartier estampillé difficile ou en proie à un repli communautaire, c'est un souci quotidien. Un souci trop souvent soldé par un renoncement implicitement accepté de tous. Mais plus de toutes.

 

On est loin des défilés militants démonstratifs des féministes il y a soixante ans. Mais, en ce début de XXIe siècle, et c'est une vague qui ne grossit pas qu'en France, les femmes partent à la conquête de ces territoires où, dans la vie de tous les jours, l'égalité leur est de fait refusée. Ni harpies ni guerrières, à l'image de ces habitantes de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), en banlieue parisienne, qui ont investi pacifiquement un café hier soir, elles montent en douceur au créneau se réapproprier des espaces confisqués par les hommes.

« Pas question de lutte : il faut que l'on parvienne à un territoire partagé agréable pour tous»

 

Pourquoi un café ? « Les cafés ne posent pas problème en soi. Ils sont juste l'élément le plus visible de l'occupation masculine de l'espace public », souligne Chris Blache, coordinatrice de Genre et ville, très impliquée dans cette prise de conscience. « C'est un problème social global. L'espace urbain est un territoire pensé par et pour les hommes », confirme le géographe Yves Raibaud (lire ci-dessous). Insidieusement imprégnées de cet état de fait dès le plus jeune âge, « éduquées à éviter le risque contrairement à leurs pairs masculins », renchérit Chris Blache, les femmes y ont droit de passage, mais pas de jouissance égale.

 

« Pas question de lutte : il faut que l'on parvienne à un territoire partagé agréable pour tous. Où moi, ...

Lire la suite de l'article sur Le Parisien.fr


Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant