M6 améliore sa rentabilité en 2011, mais 2012 est incertaine

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par Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Le groupe M6 compte sur les audiences de sa chaîne vedette pour tirer son épingle du jeu dans un contexte publicitaire qui s'annonce délicat cette année, a déclaré son directeur financier Jérôme Lefébure.

Le groupe de télévision a fait état mardi d'une amélioration de sa rentabilité l'an dernier en dépit d'une nette dégradation de la conjoncture, grâce à la résistance de ses recettes publicitaires et à la rationalisation de ses activités de diversification.

"On voit une année (2012) un peu difficile", a déclaré Jérôme Lefébure dans le cadre d'un entretien à Reuters, en expliquant qu'il était difficile de prédire le comportement des consommateurs et par conséquent celui des annonceurs.

ZenithOptimedia, filiale de Publicis, pronostique une croissance anémique de 1,3% des recettes publicitaires des chaînes de télévision françaises dans leur ensemble cette année.

"Nous sommes un peu aidés tout de même par la performance d'audience (...) puisqu'on a fait un excellent mois de janvier pour la chaîne M6", a précisé Jérôme Lefébure, en faisant référence à la progression de 1,5 point de l'audience de la chaîne amirale du groupe à 11,8%.

"Cet excellent mois de janvier dans ce contexte un peu difficile de publicité est tout de même un bon allié", a-t-il ajouté.

La chaîne M6 a gagné des parts de marché publicitaire en 2011, portée par le succès de nouveaux programmes comme "Scènes de ménages" qui lui permet de réunir certains soirs 5 millions de téléspectateurs sur la case stratégique de 20h10-20h30, contre entre 1,5 et 1,7 million précédemment.

Sur l'ensemble de l'an dernier, M6 a détrôné France 3 pour se hisser au rang de troisième chaîne nationale avec une part d'audience de 10,8% en progression de 40 points de base.

La chaîne concurrente TF1, qui publiera ses résultats annuels jeudi, a de son côté vu son audience reculer de 80 points de base à 23,7%.

Cette performance a permis à M6 de maintenir une croissance de 0,9% de ses recettes publicitaires l'an dernier, en dépit d'un net coup de frein au quatrième trimestre (-6,4%) marqué par le désengagement de certains annonceurs, notamment dans les secteurs de l'alimentation et de l'entretien.

DIVIDENDE STABLE

Au global, les revenus consolidés du groupe ressortent toutefois en repli de 2,8% à 1,42 milliard d'euros, contre 1,41 milliard attendu en moyenne selon Thomson Reuters I/B/E/S, pénalisés par les activités de diversification.

M6 continue de souffrir des performances décevantes du club de football des Girondins de Bordeaux qui accuse une perte opérationnelle sur l'ensemble de l'an dernier.

Il souffre aussi du recul de son activité vidéo après une année 2010 dopée par la sortie de deux opus de la saga de vampires à succès "Twilight".

L'année 2012 s'annonce sous de meilleurs auspices avec la sortie en vidéo du quatrième épisode de la série et la sortie au cinéma du cinquième et dernier opus, a précisé Jérôme Lefébure.

Malgré le recul de 10,4% du chiffre d'affaires des diversifications, le pôle, hors Girondins de Bordeaux, a amélioré sa rentabilité à 11,3%, contre 9,7% l'année précédente, à la faveur d'une rationalisation du portefeuille d'activités.

"Nous avons accéléré le recentrage de M6 Interactions en abandonnant les produits physiques pour aller de plus en plus vers des licences ou des spectacles", a expliqué Jérôme Lefébure, à propos du pôle licences et produits dérivés.

Dans la vente à distance, confrontée à la concurrence des grands distributeurs et du e-commerce, les produits avec une forte marge ont par ailleurs été privilégiés, a-t-il ajouté.

Détenu par RTL à plus de 49%, le groupe, dont la trésorerie nette s'élevait à près de 330 millions d'euros en fin d'année 2011, prévoit de verser un dividende stable à un euro.

De l'avis de plusieurs analystes, le groupe pourrait envisager un retour à ses actionnaires sous la forme d'un dividende spécial ou d'un rachat d'actions au vu de sa trésorerie et des opportunités limitées en terme d'acquisition.

Interrogé à ce sujet, Jérôme Lefébure a répondu : "nous considérons qu'aujourd'hui avec le bilan et la trésorerie que nous avons, il faut investir", citant notamment les projets de nouvelles chaînes sur la TNT pour lesquelles le groupe a déposé une candidature auprès du CSA.

Avant la publication des résultats, l'action de M6 a clôturé en recul de 1,99% à 13,2850 euros, dans une capitalisation boursière de 1,7 milliard d'euros. Depuis le début de l'année, elle affiche une hausse de 15,3%.

Edité par Jean-Michel Belot

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