M.Mekhissi : " je la voulais la Marseillaise ! "

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M.Mekhissi : " je la voulais la Marseillaise ! "
M.Mekhissi : " je la voulais la Marseillaise ! "
Destitué sur 3 000m steeple pour avoir ôté son maillot avant la ligne d'arrivée, Mahiedine Mekhissi a pris la plus belle des revanches ce dimanche en survolant le 1 500m. Le Rémois, fier de marquer l'histoire de son sport, avait hâte de libérer " toute la rage qui était en lui ". Et espère que la Fédération, qui envisagerait un recours auprès du TAS, récupère sa médaille d'or perdue.

Mahiedine Mekhissi, la Marseillaise, elle était pour vous aujourd'hui...
Oui, je la voulais la Marseillaise. J'ai regardé le podium de Yohan hier dans ma chambre, ça m'a fait de la peine et je me suis dit : « demain, ce sera mon tour ». Ça m'a donné la rage pour courir aujourd'hui et je suis fier de ce que j'ai fait. Aujourd'hui, j'étais un guerrier. Je n'avais aucune pression. Je n'ai jamais eu cette sensation-là. J'étais tellement déterminé que j'avais le sentiment que rien ne pouvait m'arriver. J'étais tellement costaud, j'étais un tueur et j'ai su me remobiliser en 48 heures pour devenir champion d'Europe sur 1 500m. C'était la plus belle chose qui pouvait m'arriver. J'aurais pu marquer l'histoire encore plus avec le doublé 1500m-3000m steeple mais, dans mon c½ur, c'est moi le champion d'Europe, tout le monde sait que j'ai gagné le steeple et que j'ai gagné le 1 500m.  

Vous l'aviez imaginé comme ça cette course ?
Pendant 48 heures, ça bouillait à l'intérieur. La force, je la gardais en moi. Au départ, je n'avais qu'une envie : éclater ! J'en avais marre de retenir toute cette rage. J'ai su la canaliser pour attaquer au dernier 400m et lâcher tout ce que j'avais en moi.

Avez-vous repensé à cette dernière ligne droite du 3 000m steeple ?
A 100m de l'arrivée, j'ai su que j'allais gagner et j'ai profité. C'est la revanche. C'est la plus belle des réponses que je pouvais donner. Aujourd'hui, j'étais venu seulement pour gagner. Je ne voulais pas de médaille d'argent, je ne voulais pas de médaille de bronze, je voulais juste gagner.

« J'avais un genou à terre et j'ai su me relever »

Vous avez été sifflé à l'arrivée, comment l'avez-vous vécu ?
Ce sont des petits sifflets, c'est le fait d'une minorité, la plus grande partie du public était pour moi. Ceux qui sifflent sont souvent des personnes qui ne connaissent rien au sport, rien à la discipline. Quand il y a eu la Marseillaise, j'ai été applaudi, pas sifflé, le reste, on s'en fiche, on ne peut pas être aimé par tout le monde.

Qu'avez-vous ressenti une fois la ligne passée ?
C'est du pur bonheur ! J'ai profité, j'ai savouré. Quand j'ai tourné la tête, j'ai vu que tout le monde était loin et... Que dire de plus ? Je ne sais pas quoi dire. Je pense que je suis en train de marquer l'histoire de mon sport car, ce que j'ai fait, personne ne l'a fait avant. Personne n'a été disqualifié pour avoir retiré son maillot mais je pense que cette histoire ne va pas s'arrêter-là car la Fédération va lancer une procédure auprès du TAS. J'espère que je vais récupérer ma médaille d'or.

Quels sentiments au regard de ces Championnats d'Europe pour vous ?
Je ressors de ces Championnats la tête haute. J'avais un genou à terre et j'ai su me relever et relever la tête. Je voulais la médaille d'or, je voulais la Marseillaise. C'est pour ça que je m'entraine tous les jours, pour gagner des médailles pour l'équipe de France, mon coach, ma famille. Ce maillot, je l'aime et quand je le porte, ça me transcende. En meeting, on court pour soi. Là, c'est le maillot de l'équipe de France et tu dois montrer l'exemple.

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