M.Fourcade : " J'ai toujours envie de gagner "

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M.Fourcade : " J'ai toujours envie de gagner "
M.Fourcade : " J'ai toujours envie de gagner "
Le biathlète français Martin Fourcade (26 ans) a hâte que la nouvelle saison commence. Malgré une mononucléose qui a perturbé sa préparation, le double champion olympique veut essayer de confirmer une année 2014 fantastique.

Martin Fourcade, 2014 a été une année exceptionnelle...
La saison a été magnifique. J'ai encore progressé par rapport à l'année précédente. J'ai atteint mon objectif qui était les Jeux Olympiques, avec deux magnifiques médailles d'or et une médaille d'argent. Ce qui est sûr, c'est que ça a été presque un aboutissement mais j'ai envie de continuer. C'est toujours avec autant d'envie que je repars pour une nouvelle saison.

Quand on dit aboutissement, on a l'impression que tout s'arrête derrière, qu'il n'y a plus rien à aller chercher. Il y a encore beaucoup de choses, dont les JO dans quatre ans ?
J'ai eu une période d'une semaine de flottement juste après les Jeux Olympiques où je me suis dit : « finalement j'ai gagné tout ce que j'avais à gagner dans mon sport ». Ça a été une période un peu difficile parce que je me suis dit : « pourquoi continuer ? ». Dès la première Coupe du monde (ndlr : après les JO), j'ai retrouvé le plaisir. J'ai vu que j'avais toujours envie de me battre, toujours envie de gagner. Et ça, c'était quelque chose d'incroyable, sentir que malgré toutes ces belles médailles, malgré ce petit aboutissement, j'avais toujours cette flamme qui me pousserait à me dépasser.

Vous voulez dire qu'il y a plus d'amour pour le sport que pour les titres ?
En partie, je pense. Et il y a aussi beaucoup d'amour pour la compétition. C'est un état d'esprit, c'est une envie de se dépasser, une envie de donner le meilleur de soi-même. Et ça, ça existe quel que soit l'objectif, quelle que soit l'ambition, quelle que soit la saison. C'est dur à dire, mais je crois que j'ai déjà tiré un trait sur la saison passée pour me projeter vers l'avenir, vers de nouvelles victoires, vers de nouvelles ambitions.

Qu'est-ce que les Jeux Olympiques ont changé pour vous ?
Les JO ont la magie de vous faire entrer dans tous les foyers. Ce n'est pas uniquement un événement destiné aux fans de sport mais un événement mondial qui touche tout le monde. C'est avant tout ce que ça a changé. Avant j'étais connu par les passionnés de sport, aujourd'hui je suis rentré dans les foyers de tous les Français. C'est cette exposition qu'amènent les Jeux Olympiques concrètement. C'est une évolution dans ma vie mais ce n'est pas un bouleversement parce que je connaissais déjà un peu ces situations. En tout cas, j'ai envie de continuer cette évolution.

« Le jour où je n'aurai plus cette envie, j'espère avoir l'intelligence de passer à autre chose »

Sportivement, comment s'annonce cette saison ? Qu'est-ce qui a changé par rapport à l'année dernière, qu'est-ce qui peut changer ?
J'ai été assez perturbé dans ma préparation avec la mononucléose qui m'a éloigné des terrains pendant deux mois. Aujourd'hui ça va mieux. De nouveaux athlètes vont arriver, ce sera à moi de défendre ma place de leader et je pense avoir les capacités pour le faire.

Des sportifs disent souvent que le premier danger c'est eux-mêmes. Est-ce que c'est quelque chose qui peut vous arriver ?
C'est le danger, mais c'est pour l'instant quelque chose qui ne m'inquiète pas. Je crois que le jour où je n'aurai plus cette envie, j'aurai, j'espère, l'intelligence de passer à autre chose. Parce que je sais que c'est cette implication, ce dévouement à mon sport qui me permet d'être aussi performant. Le jour où je ressentirai que je n'aurai plus la flamme pour m'investir autant dans ma discipline, je trouverai une voie de reconversion.

Quelles vont être vos principales échéances cette année ?
Il y a les Championnats du monde de biathlon en février en Finlande qui me donnent vraiment envie. Ce sont toutes les compétitions qui me font rêver. Je me rends compte que j'aime mon sport, j'aime ma discipline. Finalement, je n'ai peut-être pas besoin des Jeux Olympiques pour me donner à 100%. J'essaierai d'être performant et ambitieux sur toutes les compétitions auxquelles je me présenterai.

Quelle est la première étape de la saison ?
Le 3 décembre à Östersund, en Suède. Une épreuve que j'apprécie beaucoup et où j'ai un très bon ratio de victoires. C'est l'ouverture de la Coupe du monde et c'est toujours une configuration particulière. C'est ce qui lance dans le bain, c'est ce qui permet d'avoir la confiance dès le début ou de ne pas l'avoir. C'est une situation que j'aime beaucoup.

« J'espère que le plus gros danger c'est moi »

Quels vont être vos adversaires cette année ?
Les Norvégiens resteront mes principaux adversaires. Il y a aussi quelques Russes qui sont très dangereux.

Votre plus gros adversaire, ça reste vous ?
J'espère que le plus gros danger c'est moi. Il y a aussi mes coéquipiers qui donnent le meilleur d'eux-mêmes. Ils ne sont pas loin derrière pour me pousser. Mais si je devais mettre une pièce sur mes adversaires, ça serait sur les Norvégiens.

On vous voit très fatigué à chacune de vos arrivées. Comment faites-vous pour répéter ces efforts ?
Il y a forcement une touche de folie dans notre sport, qui nous pousse à continuer, à repartir. C'est une routine que l'on met en place pour rester performant. Nous sommes dans un automatisme. Il y a un tel amour de mon sport et du dépassement de soi. J'aime me donner à 100%, j'ai une sensation d'extrême satisfaction quand j'arrive à donner le meilleur de moi-même.  C'est aussi beaucoup pour ça que je me bats.

Comment expliquez-vous cet amour pour votre discipline ?
C'est avant tout un travail sur soi-même, notre volonté qui est mise à l'épreuve tous les ans, tous les jours. En me levant le matin, c'est moi qui décide d'aller à l'entraînement, c'est moi qui décide ou non de faire les sacrifices. C'est forcement une détermination, une force mentale qu'on doit travailler, qu'on doit entretenir. Il y a des personnes qui y arrivent plus facilement que d'autres. Je ne conçois pas de faire des sacrifices à 90% et de ne pas faire les 10% qui me permettraient de l'emporter. Le jour où je n'aurai plus ces 100% en moi, et bien je passerai à autre chose.

Que pourriez-vous faire d'autre que le biathlon ?
Je pense que je pourrais faire beaucoup de choses dans le monde du sport parce que c'est quelque chose qui me passionne et qui me plait. Une chose dont je suis persuadé, c'est que je le ferai avec la même implication que le biathlon.

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