Lyon réinvente l'un de ses chefs-d'œuvre architecturaux

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EN IMAGES - Le grand Hôtel-Dieu est un symbole de la ville, qui parle à tous les habitants. Inoccupé depuis 2010, ce dernier va devenir un vaste complexe aux activités diverses, qui vise à faire reluire l’image de la ville. Et de la France.

Après la transformation réussie de l’Hôtel-Dieu de Marseille en hôtel cinq étoiles avec une vue divine sur le Vieux port, le groupe Eiffage Immobilier veut faire encore plus fort. Toujours à partir d’un Hôtel-Dieu - celui de Lyon cette fois - le groupe va bâtir un véritable complexe incluant commerces, bureaux, logements, hôtel InterContinental cinq étoiles, et même une cité internationale de la gastronomie! Un programme ambitieux, mais à la hauteur du potentiel exceptionnel du site, qui s’étend sur le quai Jules Courmont, au cœur de la presqu’île située entre le Rhône et la Saône.

«C’est la plus grande opération de reconversion d’un monument historique en France, que ce soit en matière de transaction ou en volume», s’enthousiasme Philippe Plaza, directeur général d’Eiffage Immobilier. D’un côté purement esthétique, il s’agit de réinterpréter le passé d’un hôpital qui a fonctionné sans interruption pendant 8 siècles... jusqu’en 2010. La totalité du site est classé monument historique. Au cours des fouilles archéologiques organisées sur le lieu, des traces de l’époque gallo-romaine et du Lugdunum d’antan ont été retrouvées. «Pour un site comme celui-ci, il a fallu des dizaines et des dizaines d’autorisations avant d’entreprendre quoi que ce soit», explique Claire Bertrand, du cabinet d’architectes AIA.

«Ce lieu n’est pas anodin. Il est emblématique de la ville et a une vraie place dans le cœur des lyonnais. Beaucoup d’entre eux y sont nés», ajoute Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques. L’identité du projet s’articule en trois axes et préoccupations bien distinctes: ouvrir le site aux lyonnais et aux touristes, réinventer les cours et jardins d’autrefois afin d’en faire des espaces de détente, et proposer une mixité d’activités afin de faire vivre le lieu de façon cohérente.

«L’art de vivre à la française»

Quand les visiteurs pourront-ils «trabouler» (se balader, à la lyonnaise) librement sur ce site, qui devra refléter «l’art de vie à la française?» Les délais sont serrés: la livraison des bâtiments rénovés doit s’étaler entre décembre 2017 et la fin 2018. Cinq cents compagnons y travaillent quotidiennement et leur nombre devrait monter à terme à 800. La rénovation doit notamment redonner son lustre à la grande façade - 400 mètres de long, tout de même - côté Rhône, construite par Soufflot, l’architecte du Panthéon. «On prend des claques tous les jours devant tant de savoir-faire», souligne Didier Repellin, architecte en chef des monuments historiques, lors d’une visite du site.

Dix-huit mois après l’engagement des travaux, le gigantesque bâtiment, qui s’étend sur deux hectares, a été débarrassé des médiocres appendices ajoutés au 20e siècle pour permettre l’exploitation hospitalière. Un «tri» a donc été méticuleusement effectué entre grande conception - voire chefs-d’œuvre architecturaux dans le cas du grand dôme - et bricolage. Faux planchers et cloisons ont été supprimés, révélant d’impressionnants volumes de sept mètres de haut sous les plafonds à la française. «C’est environ 80% des plafonds qui sont d’origine et en très bon état», souligne Didier Repellin.

Au milieu de toutes ces couches historiques et ces trésors de construction, viendra se greffer une partie beaucoup plus contemporaine. «On ne voulait pas faire de pastiche, mais affirmer une architecture contemporaine qui soit dans le dialogue et le respect avec l’architecture patrimoniale», a précisé l’architecte Claire Bertrand. «Nous avons mené un travail de greffe, en utilisant des matériaux de notre époque - métal, béton et verre - pour dessiner une architecture complètement contemporaine». Le secret d’une greffe réussie? Manier avec parcimonie présence et effacement, afin de ne pas étouffer l’architecture majestueuse déjà présente. Rendez-vous pour la première livraison en décembre 2017...

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