LVMH prudent pour 2017 après un millésime 2016 record

le , mis à jour à 21:26
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    * La mode-maroquinerie grimpe de 9% au T4 
    * La croissance organique atteint 6% sur l'année 
    * Le S2 2017 sera plus difficile que le S1-PDG 
    * Capacités de production limitées chez Vuitton et 
Hennessy-PDG 
    * Pas de hausses de prix à attendre chez Vuitton-PDG 
 
 (Actualisé avec précisions, conférence, commentaires, cours) 
    par Pascale Denis 
    PARIS, 26 janvier (Reuters) - LVMH  LVMH.PA  se veut prudent 
pour 2017 après des résultats annuels record et supérieurs aux 
attentes, portés par une solide progression en Europe et aux 
Etats-Unis et par un fort rebond en Chine en deuxième partie 
d'année, dans un environnement devenu plus porteur pour le luxe. 
    Les ventes du numéro un mondial du luxe, propriétaire de 
Louis Vuitton, Céline, Fendi, Moët et Chandon, Bulgari ou Dior, 
ont progressé de 5% à 37,6 milliards d'euros en 2016, un chiffre 
légèrement supérieur aux 37,25 milliards du consensus réalisé 
par Inquiry Financial pour Reuters. 
    Sa croissance annuelle à taux de change constants a atteint 
6%, comme en 2015, dépassant là aussi les 5,0% prévus, et 8% sur 
le seul quatrième trimestre, au lieu des 5,6% anticipés. 
    Le résultat opérationnel courant, en hausse de 6%, a franchi 
le cap des 7,0 milliards à 7,026 milliards d'euros et la 
rentabilité s'est améliorée à 18,7%. 
    Tout en se félicitant des résultats du groupe, son PDG, 
Bernard Arnault, s'est dit prudent pour 2017. 
    "C'est quand tout va bien qu'il faut être vigilant (...) car 
l'année pourrait mal tourner", a-t-il averti, évoquant des taux 
d'intérêt "qui défient la gravité", des cours de Bourse qui 
"montent de façon tout à fait exubérante" et une évolution 
géoplitique "difficile à lire". 
    Il a ainsi dit s'attendre à un premier semestre 
"relativement facile" et à "une deuxième partie d'année beaucoup 
plus difficile", en raison notamment de comparatifs plus élevés. 
    Bernard Arnault s'est toutefois montré plutôt confiant dans 
la future politique économique américaine, louant le 
professionnalisme de l'entourage économique de Donald Trump. 
    Au centre de l'attention des investisseurs, la division 
mode-maroquinerie qui loge Louis Vuitton, principal contributeur 
aux profits du groupe, a vu sa croissance organique grimper de 
9% au quatrième trimestre, dépassant très largement les 5% 
attendus par les analystes. 
     
    PAS DE HAUSSES DE PRIX POUR VUITTON  
    La griffe a profité d'une demande solide aux Etats-Unis et 
en Europe et, surtout, d'un rebond en Chine, où la croissance 
des ventes dépasse 10% depuis le troisième 
trimestre.   
    La demande chinoise est portée par un regain de confiance 
des consommateurs, de moindres écarts de prix avec l'Europe et 
par les taxes et les contrôles mis en place par Pékin pour 
lutter contre le marché parallèle des daigus, ces acheteurs qui 
revendent moins cher d'authentiques produits achetés en Europe.  
    Le malletier profite aussi d'un positionnement payant dans 
un marché de plus en plus tiré par les consommateurs issus de la 
classe moyenne.   Il offre, grâce à une gamme très 
large de sacs et de petite maroquinerie accessibles, la 
meilleure réponse aux besoins des jeunes classes moyennes 
montantes, selon les analystes de HSBC.    
    Bernard Arnault a également indiqué que le cognac Hennessy 
comme Louis Vuitton étaient contraints par des problèmes de 
stocks, au plus bas pour le cognac et limités à un mois pour le 
malletier, ce qui "mettra un certain frein sur le développement 
des affaires". 
    Il a aussi laissé entendre qu'il n'y aurait pas de hausses 
générales de prix chez Vuitton, jugeant les marges "déjà 
confortables" et a disant vouloir privilégier le moyen-long 
terme plutôt que de monter à court terme les prix. 
    "Si dans certains cas le chiffre d'affaires n'est pas aussi 
porteur qu'espéré, tant pis, on survivra", a-t-il dit. 
     
    "CAPACITÉ A GAGNER DES PARTS DE MARCHE" 
    Toutes les divisions de LVMH ont vu leurs résultats 
progresser l'an dernier, hormis la distribution sélective, 
l'avance de  Sephora étant contrebalancée par les pertes de DFS, 
toujours plombé par la chute du trafic à Hong Kong. 
    Autre point noir: la marque Marc Jacobs reste déficitaire. 
"On s'en occupe", a promis Bernard Arnault. 
    Dans les vins et spiritueux, deuxième division la plus 
rentable, le résultat opérationnel a grimpé de 10%, comme dans 
la maroquinerie, porté par l'avance de Hennessy aux Etats-Unis 
et son rebond en Chine. 
    Le résultat net progresse quant à lui de 11% à 3,98 
milliards d'euros et le dividende de 13% à 4,00 euros. 
    Les analystes de RBC saluent de "très solides performances, 
la capacité du groupe à gagner des parts de marché et 
l'accélération de Vuitton".  
    Il estiment que le consensus des analystes devrait être revu 
en hausse et prévoient une hausse du titre en Bourse vendredi. 
    Après un premier semestre plombé par le ralentissement 
chinois, la morosité du marché américain et la chute de Hong 
Kong et des flux touristiques en Europe pour cause d'attentats, 
le contexte est devenu plus favorable pour le luxe. 
    Nombre d'analystes voient la demande s'accélérer en 2017 
avec l'amélioration en Chine, le programme de baisses d'impôts 
de Donald Trump aux Etats-Unis, le rebond des dépenses en Russie 
  et au Moyen-Orient grâce au redressement des cours 
du pétrole.    
    Le suisse Richemont  CFR.VS  et l'anglais Burberry  BRBY.L  
ont également fait mieux qu'attendu au dernier trimestre 2016. 
     
    Le luxe profite aussi d'une reprise des dépenses des 
touristes internationaux, qui ont progressé en décembre pour la  
première fois depuis près d'un an et qui ont rebondi en France, 
où LVMH réalise 10% de ses ventes et où les attentats avaient 
fait fuir la clientèle étrangère.   
     
    Le communiqué : 
    http://bit.ly/2jVMDAv 
     
 
 (Edité par Véronique Tison) 
 

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