LVMH: la croissance organique trimestrielle n'inquiète guère

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(CercleFinance.com) - Sur une semaine glissante, l'action LVMH prend, vers 154 euros, près de 5,5% alors que l'indice parisien CAC 40 progresse parallèlement de moins de 5%. La faible croissance organique dont le géant mondial du luxe a fait état pour le premier quart de son exercice 2016 est, de l'avis de la plupart des analystes, à relativiser.

En effet LVMH a fait état, le 11 avril, d'une croissance organique de ses ventes de 8,6 milliards d'euros de 3% au 1er trimestre 2016. 'Le marché américain est dynamique et l'Europe reste bien orientée sauf la France qui est affectée par une baisse du tourisme. Les marchés asiatiques sont inégaux mais le Japon continue de progresser', commente le groupe dirigé par Bernard Arnault. Faut-il s'en inquiéter, alors que la progression des ventes à données comparables de LVMH atteignait le double - 6% - en 2015 ?

Tel n'est pas l'avis des analystes de Bryan, Garnier, & Co. Conseillant toujours l'action à l'achat, ils jugent que la faiblesse de la performance trimestrielle du groupe a été compensé par le ton 'rassurant' de la direction lors de la conférence téléphonique : stables d'une manière générale, 'les ventes de la division Mode & Maroquinerie ont augmenté de 2% sans tenir compte des marques américaines (Marc Jacobs, Donna Karan..., ndlr), ce qui est rassurant pour les tendances de Louis Vuitton', la marque amirale, juge une note.

Et ce bien que les attentats survenus en Europe ces derniers mois pénalisent la dynamique des ventes. En France, détaille Bryan Garnier, les touristes concentrent 60% environ des ventes de Louis Vuitton, contre 37% au niveau mondial.

Mais en Chine continentale, les ventes de Vuitton ont 'légèrement' augmenté : bref, si les ventes touristiques de Louis Vuitton ont été pénalisées, telles n'est pas le cas des ventes domestiques, juge Bryan Garnier. Qui abaisse cependant sa cible de 177 à 174 euros, en raison d'une plus grande prudence sur les marges.

Quid de Natixis ? Les spécialistes conseillent également la valeur LVMH à l'achat, mais la cible est plus fortement écrêtée, de 194 à 181 euros. 'La stabilité de Mode & Maroquinerie est principalement imputable aux marques américaines et à une baisse du trafic à Paris. Les autres divisions affichent une solide dynamique', confirment les spécialistes. Reste que leur prévision de croissance organique de ladite division pour 2016 revient de 5 à 3%, d'où l'abaissement des prévisions.

Ce qui ne remet pas en cause le conseil d'achat : Natixis estime effectivement que dans un environnement mitigé, l'équilibre du portefeuille de marques de LVMH permet au groupe d'afficher une croissance organique globale en dépit de la stagnation de Mode & Maroquinerie, soit plus du tiers du CA. Et ils ajoutent que 'par ailleurs, LVMH continue d'afficher une décote importante vis-à-vis des comparable' chiffrée à 22%.

Quid de Société Générale ? Concernant la déconvenue de la branche Mode & Maroquinerie, les analystes estiment eux aussi que 'la principale cause de cette performance (...) a été l'arrêt de certaines lignes chez Donna Karan (principalement la ligne jeans dont la licence avait été rachetée par le passé et la ligne DKNYC de moindre importance) et, dans une moindre mesure, l'unification de la marque Marc Jacobs'.

Bref, Louis Vuitton reste donc épargné, et le mouvement d'ensemble est dû à des facteurs propres au groupe et a priori temporaires. D'où, sur l'année, une incidence qui devrait davantage peser sur les ventes que sur la marge. Toujours à l'achat sur la valeur, SG maintient donc aussi son objectif de cours de 177 euros.

EG

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