LVMH brave la crise et affiche sa confiance pour 2012

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LES RÉSULTATS 2011 DE LVMH EN FORTE HAUSSE
LES RÉSULTATS 2011 DE LVMH EN FORTE HAUSSE

par Pascale Denis

PARIS (Reuters) - LVMH a publié jeudi des résultats annuels en forte hausse, signant de nouveaux records grâce à l'acquisition de Bulgari et témoignant une nouvelle fois de la capacité de résistance du luxe aux soubresauts de la conjoncture.

Le numéro un mondial du secteur, propriétaire entre autres de Louis Vuitton, du champagne Moët et Chandon ou des parfums Christian Dior, a vu ses ventes annuelles grimper de 16% à 23,66 milliards d'euros, dépassant légèrement les prévisions du consensus Thomson Reuters I/B/E/S (23,3 milliards).

La croissance organique du groupe est ressortie à 14% sur l'ensemble de 2011 et à 12% sur le seul quatrième trimestre. Elle marque cependant un tassement sur les trois derniers mois de l'année par rapport à la progression de 15% enregistrée sur les neuf premiers.

Le résultat opérationnel courant annuel du groupe a grimpé de 22% pour franchir la barre des cinq milliards d'euros, à 5,26 milliards (contre 5,1 milliards attendus) et la marge a progressé de 0,7 point à 22%.

Après le suisse Richemont (Cartier, Van Cleef & Arpels) et le britannique Burberry, LVMH vient donc confirmer la bonne santé d'un secteur qui profite de la vigueur de la demande dans les pays émergents, de la résistance du marché américain et des flux touristiques en Europe.

"L'année 2011 a été encore une fois une année excellente, comme l'a été 2010 (...) Sauf accident majeur et malgré les difficultés en Europe, le monde reste en croissance et désire de plus en plus nos produits", a déclaré, Bernard Arnault, PDG du groupe, dans un sourire de satisfaction.

"Nous avons la chance d'avoir comme marchés des pays émergents, mais aussi les Etats-Unis, qui repartent et qui entraînent fortement l'ensemble de nos activités", a-t-il dit, ajoutant être "raisonnablement confiant pour 2012".

"EXCELLENTE" ANNÉE 2012 ATTENDUE POUR VUITTON

Il a évoqué des ventes de janvier "conformes" à celles de la fin 2011 et a prédit pour le maroquinier Louis Vuitton, la pépite qui compte pour plus de la moitié des profits du groupe, une "excellente année 2012".

Avec la crise de la dette en Europe et le ralentissement de la croissance américaine, nombre d'analystes ont révisé en baisse leur prévisions de croissance organique des grands noms du luxe pour 2012.

Toutes les divisions du groupe ont connu des croissances à deux chiffres et sensiblement amélioré leurs marges l'an dernier, à l'exception des parfums et cosmétiques (Dior, Givenchy), davantage touchés par la crise en Europe.

Dans la mode-maroquinerie, Louis Vuitton a encore signé une croissance "à deux chiffres", tandis que les griffes Loewe et Céline ont achevé l'année sur "de très beaux résultats", a tenu à préciser Bernard Arnault.

Cette division, la plus rentable du groupe grâce à Vuitton, a vu son résultat opérationnel franchir la barre des 3,0 milliards à 3,07 milliards d'euros, et ses ventes atteindre 8,7 milliards, en progression de 16% à taux constants.

Avec une forte demande et des tensions sur l'approvisionnement, les célèbres sacs monogrammés ont aussi bénéficié de hausses de prix "plus significatives" que les autres marques du groupe.

Dans les vins et spiritueux (cognac Hennessy, champagnes Dom Perignon, Moët & Chandon ou Ruinart), les ventes ont augmenté de 10% pour atteindre 3,5 milliards et la marge a pris 2,5 points à 31%.

La distribution sélective (Sephora, DFS) n'a pas démérité, avec un bond en avant de 34% de ses ventes et une amélioration d'un point de sa marge à 11%.

Mais la palme de la croissance revient au pôle montres et joaillerie (Tag Heuer, Zenith ou Chaumet), qui a plus que doublé grâce à l'acquisition de Bulgari et qui a augmenté ses ventes de 41% à périmètre constant, pour une marge de 13,6%.

PAS D'HÉGÉMONISME SUR HERMÈS

Concernant Hermès, dans lequel LVMH a poursuivi sa montée (à 22,3%) alors que le sellier de luxe a constitué sa holding familiale verrouillant le capital, Bernard Arnault a réaffirmé que cette participation était "amicale" et que LVMH n'avait "aucune volonté hégémonique".

Une fois n'est pas coutume, LVMH s'est invité dans l'actualité à l'heure où le débat sur le "made in France" fait rage en France, en volant au secours, via un de ses fournisseurs en maroquinerie, de l'atelier de lingerie de Lejaby à Yssingeaux (Haute-Loire).

Le résultat net annuel a atteint 3,06 milliards d'euros signant une hausse limitée à 1% mais de 34% en excluant la plus-value latente exceptionnelle réalisée sur la prise de participation dans Hermès en 2010.

Fort de ces chiffres, le groupe proposera à ses actionnaires un dividende en hausse de 24% à 2,60 euros.

Le titre LVMH a clôturé jeudi à 126,40 euros à la Bourse de Paris, progressant de 15,5% depuis début janvier, après un recul de 11,13% en 2011.

Perçue par les analystes comme la valeur la plus défensive du secteur, grâce surtout à la marque Louis Vuitton, elle s'échange avec des multiples de valorisation de près de 17 fois les bénéfices estimés pour 2012, soit une prime d'environ 15% sur la moyenne du secteur hors Hermès.

Edité par Marc Angrand

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