Lutte contre le dopage : « Une machine de guerre sans munitions »

le , mis à jour à 09:45
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Lutte contre le dopage : « Une machine de guerre sans munitions »
Lutte contre le dopage : « Une machine de guerre sans munitions »

C'est le directeur des contrôles de l'Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Damien Ressiot dénonce la baisse drastique de la subvention accordée par le ministère des Sports. Un manque à gagner de 700 000 € qui obligera l'agence à réduire le nombre de contrôles effectués l'an prochain. Une situation contredite hier par le ministère.

 

Pourquoi ce coup de gueule ?

Damien Ressiot. Je suis en train de définir le plan annuel des contrôles pour l'année prochaine et il a donc fallu prendre des décisions concrètes sur leur volume et les axes stratégiques en matière de tests. La situation fait bondir.

 

Avec la baisse de la subvention, combien de contrôles urinaires nationaux en moins ?

En 2010, notre laboratoire analysait quasiment 9 000 échantillons (NDLR : 6 200 l'an passé). En 2017, nous sommes contraints de n'en programmer que 5 000.

 

La lutte contre le dopage est-elle en danger ?

Nous avons en France une culture ambitieuse de régulation, axée sur le sport de haut niveau, le sport amateur et la lutte contre les trafics de substances dopantes. La protection de la santé publique avec treize conseillers régionaux est une priorité pour l'AFLD. Mais quelle sera la plus-value d'une telle machine de guerre sans munitions ?

 

Un exemple ?

L'agence a obtenu en 2016 des résultats très significatifs au niveau répressif dans le monde amateur, où la consommation de stéroïdes tend à se banaliser. C'est cette population de sportifs qui pâtira en premier lieu de la décision de baisse des contrôles de 20 %.

 

Il manque 700 000 EUR, c'est bien ça ?

Oui. Dans le contexte sportif actuel, où les salaires et les droits de retransmission explosent, cette somme peut faire sourire. Elle est même dérisoire par rapport à l'importance de la mission de service public de l'agence. Et c'est nous, entre autres, qui rendons crédible le spectacle sportif.

 

Quel est le risque ?

Si nous ...

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