Lumière bleue: Essilor prépare une technologie protégeant la rétine

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Une usine de la banlieue lyonnaise, spécialisée depuis sa création il y a 39 ans dans les verres haut de gamme, a été la première au monde à produire, en juin, des verres intégrant l'innovation Eye Protect System (EPS) ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Rachel Murray )
Une usine de la banlieue lyonnaise, spécialisée depuis sa création il y a 39 ans dans les verres haut de gamme, a été la première au monde à produire, en juin, des verres intégrant l'innovation Eye Protect System (EPS) ( GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Rachel Murray )

Le fabricant de verres correcteurs Essilor prépare depuis Vaulx-en-Velin la généralisation d'une technologie permettant de limiter les effets sur l’œil de la lumière bleue, accusée de favoriser un vieillissement accéléré de la rétine, selon ses dirigeants.

Cette usine de la banlieue lyonnaise, spécialisée depuis sa création il y a 39 ans dans les verres haut de gamme, a été la première au monde à produire, en juin, des verres intégrant l'innovation Eye Protect System (EPS).

"Nous avons l'ambition d'en faire un standard du marché. EPS a vocation d'être généralisé, en étant diffusé +en cascade+ sur l'ensemble de nos gammes", a expliqué Ludovic Mathieu, directeur général pour la France d'Essilor, lors d'une visite du site mardi.

Selon lui, cette innovation permet de réduire de 25% la mortalité des cellules de la rétine provoquée par la lumière bleue, générée notamment par les écrans qui ont envahi la vie quotidienne. C'est un des facteurs qui entraînent l'apparition de la dégénérescence maculaire liée à l'âge (DLMA), une maladie dégénérative de l’œil qui affecte les personnes âgées.

Toute la difficulté était de bloquer la lumière bleu-violet, nocive, tout en laissant passer la lumière bleu-turquoise, indispensable car régulatrice de l'horloge biologique du corps, ont expliqué les dirigeants de l'entreprise.

Essilor y est parvenu initialement en ajoutant un traitement supplémentaire à ses verres qui peuvent comporter jusqu'à 40 couches de divers additifs. Avec EPS, c'est le verre lui-même qui bloque le rayonnement nocif. Les deux technologies peuvent se cumuler pour aboutir à une réduction de 45% des dégâts occasionnés à la rétine.

En prix boutique, le surcoût pour le consommateur est de l'ordre de 15 à 25 euros par paire de lunettes, a précisé M. Mathieu.

Vaulx-en Velin a été choisi comme site pilote pour lancer cette production car "il travaille les matériaux les plus exigeants, les plus techniques et les plus sophistiqués, ce qui implique le recours à des procédés de fabrications particuliers", a-t-il expliqué.

L'usine reçoit ses verres semi-finis des usines de Dijon ou Ligny-en-Barrois, ou, quand il s'agit d'EPS, de l'usine irlandaise de Transitions Optical, une société américaine spécialiste des verres photochromiques dont Essilor est devenu le seul propriétaire il y a trois ans moyennant 1,7 milliard de dollars.

- Simple d'apparence mais complexe à fabriquer -

Figurant parmi les huit "laboratoires de prescription" du groupe en France, Vaulx-en-Velin dispose en permanence de 120.000 verres semi-finis en stock pour une production quotidienne de 4.000 à 5.000 verres.

Dans ces laboratoires, chaque verre est adapté aux besoins spécifiques de l'utilisateur. Le catalogue d'Essilor comporte ainsi plus de 8 milliards de références!

"Un verre de lunette est un produit certes transparent, simple d'apparence, mais éminemment complexe, dont la fabrication comporte jusqu'à 65 étapes", relève M. Mathieu.

Un employé tient un verre correcteur dans un laboratoire spécialisé d'Essilor le 19 janvier 2015 &a
Un employé tient un verre correcteur dans un laboratoire spécialisé d'Essilor le 19 janvier 2015 à Ligny-en-Barrois, dans l'est de la France ( AFP/Archives / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

En fonction des besoins du consommateur, on peut doter le verre de fonctions anti-reflets, anti-salissures, anti-statique, anti-UV... en déposant de très minces couches de matériaux idoines des deux côtés du verre.

La fabrication d'un seul verre nécessite 1,5 million d'opérations de calcul de rayon, qu'une batterie de gros calculateurs réalisera en 45 secondes, explique Hervé Mourot, le directeur du site.

Le verre, si lisse d'apparence, est en fait travaillé par une fraiseuse travaillant au nanomètre, en fonction des calculs réalisés. Il prend ainsi une apparence bosselée au microscope.

A Vaux-en-Velin, comme ailleurs, la production mêle artisanat - les verres teints le sont à la main et rien n'y remplace le coup d’œil de l'ouvrier - et hautes technologies: les machines qui permettent de déposer par évaporation sous vide des couches d'additifs, sont des adaptations de celles utilisées pour la fabrication de semi-conducteurs.

Rien n'est préparé à l'avance, mais en 48 heures la commande passée par l'opticien
Rien n'est préparé à l'avance, mais en 48 heures la commande passée par l'opticien doit se retrouver en boutique ( AFP/Archives / JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN )

Rien n'est préparé à l'avance, mais en 48 heures la commande passée par l'opticien doit se retrouver en boutique.

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