Lufthansa surprend les marchés en ne payant pas de dividende

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FRANCFORT (Reuters) - La stupéfaction l'a emporté mercredi sur les marchés au lendemain de l'annonce de la compagnie aérienne allemande Lufthansa de ne pas verser de dividende, pour la deuxième fois en trois ans.

Cette annonce a d'autant plus surpris les investisseurs que le transporteur aérien a publié un bénéfice supérieur aux attentes les plus optimistes.

A 13h21 GMT L'action Lufthansa plongeait de 4,97% à 15,195 euros, alors que le Dax gagnait 0,17%.

Le numéro un européen du transport aérien par les ventes a avancé à mardi la publication de ses trimestriels. Il a fait état d'un bénéfice net de 990 millions d'euros, soutenu notamment par la cessions de produits financiers, au titre de l'exercice 2012.

Lufthansa avait enregistré une perte de 13 millions d'euros en 2011, et le consensus Thomson Reuters I/B/E/S n'attendait qu'un bénéfice de 236 millions d'euros en 2012. Les estimations les plus optimistes plafonnaient à 464 millions d'euros.

Alors que le consensus attendait un dividende de 27 centimes par action en 2012, contre 25 centimes en 2011, le groupe a choisi de conserver dans ses caisses l'intégralité de ses bénéfices annuels afin de financer son plan de restructuration et d'étoffer sa flotte.

Le groupe a lancé en 2012 un programme d'économies, dit Score, qui vise à augmenter de 1,5 milliard d'euros ses bénéfices annuels d'ici la fin 2014, par rapport à 2011.

Gerald Khoo, analyste chez Espirito Santo, souligne que le bénéfice net de Lufthansa a été accru par des événements ponctuels, comme la vente en novembre de ses parts de l'agence de réservation en ligne Amadeus, et ne reflète pas sa performance sous-jacente.

"Nous aurions tendance à ne pas (en) tenir compte", affirme-t-il dans une note. "Il est plus difficile de ne pas tenir compte de la suspension du dividende."

Lufthansa n'a pas versé de dividende à l'issue de l'année fiscale 2009, mais en a de nouveau versé pour 2010 et 2011.

Mark Maduca, analyste chez Bank of America, estime que certains investisseurs ont été surpris par l'ampleur d'une commande prévue par Lufthansa de 108 appareils pour un coût avoisinant les neuf milliards d'euros.

"Pour le moment le retour des investisseurs du côté de l'achat, c'est que l'importance de cette commande a surpris par sa taille, notamment en raison de l'importance récemment donnée par la direction à la discipline en matière de capacité", juge-t-il.

Marilyn Gerlach, Julien Dury pour le service français, édité par Nicolas Delame

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