"Lueur d'espoir" pour l'Ukraine après l'accord conclu à Minsk

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LUEUR D'ESPOIR POUR L'UKRAINE APRÈS L'ACCORD CONCLU À MINSK
LUEUR D'ESPOIR POUR L'UKRAINE APRÈS L'ACCORD CONCLU À MINSK

par Pavel Polityuk et Elizabeth Pineau

MINSK (Reuters) - Un accord offrant un espoir de fin de conflit en Ukraine a été conclu jeudi à Minsk au terme d'une longue nuit et d'une matinée de discussions entre les dirigeants ukrainien, russe, français et allemand.

Tous les obstacles à la paix n'ont cependant pas été levés et les divergences demeurent entre les dirigeants, ne serait-ce que dans les motifs avancés par Angela Merkel et Vladimir Poutine lorsqu'ils ont été invités à s'expliquer sur la durée des négociations.

Autre signe témoignant de la fragilité de l'accord conclu dans la capitale biélorusse, Kiev a annoncé qu'une cinquantaine de chars, des batteries lance-missiles et des véhicules blindés avaient pénétré en territoire ukrainien en provenance de Russie dans la nuit de mercredi à jeudi. Des tirs d'artillerie ont été entendus dans la journée à Donetsk, bastion des rebelles pro-russes.

L'accord "global" assorti d'un cessez-le-feu appelé à entrer en vigueur le 15 février a été obtenu au terme de longues heures de pourparlers dans les salons et les couloirs couverts de marbre du palais de l'Indépendance, imposant bâtiment construit sous la houlette du président biélorusse, Alexandre Loukachenko.

"L'essentiel de ce qui a été obtenu, c'est qu'un cessez-le-feu général et inconditionnel sera proclamé dans la nuit de samedi à dimanche", s'est félicité le président ukrainien, Petro Porochenko, après 17 heures de négociations, ajoutant qu'il serait suivi d'un retrait des armes lourdes.

Les "quatre" ont pas ailleurs assuré que la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine seraient respectées, selon un document conjoint distribué par le Kremlin.

"Nous sommes parvenus à nous entendre sur les principaux points", a déclaré Vladimir Poutine en annonçant la conclusion de l'accord.

François Hollande, rappelant que le sommet avait été organisé à l'initiative de Paris et de Berlin, a quant à lui souligné : "C'est un espoir pour l'Ukraine, un soulagement pour l'Europe et un bel exemple de ce que l'Allemagne et la France sont capables de faire au service de la paix".

VIGILANCE

A son arrivée au Conseil européen de Bruxelles, le président français a toutefois souligné que l'accord conclu à Minsk ne garantissait pas qu'une paix durable serait instaurée.

"L'accord ne garantit pas qu'il y aura dans les jours prochains un succès durable, cela suppose que nous continuions à être vigilants, à exercer la pression et à poursuivre le mouvement qui a été engagé grâce à l'initiative que la chancelière et moi-même nous avons pu lancer", a-t-il dit.

Pour le président Porochenko, également, l'accord sera difficile à mettre en oeuvre.

A Washington, la Maison blanche a salué la signature du plan de paix qui constitue "potentiellement une étape importante" vers la résolution du conflit mais elle s'est dite inquiète de l'intensification des combats jeudi, qui est "contraire à l'esprit de l'accord", comme l'a également estimé le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

L'accord devrait forcément influencer le débat entre Européens sur la nécessité de durcir ou non les sanctions à l'encontre de Moscou, qui était déjà à l'ordre du jour du Conseil européen.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré que les sanctions qui visent Moscou en raison de son soutien aux séparatistes ne pourraient être levées tant que le présidence russe ne changerait pas d'attitude.

"Je pense qu'il faut être très clair et Vladimir Poutine doit savoir qu'à moins qu'il change de comportement, les sanctions mises en place, ne seront pas levées", a-t-il dit.

Les tensions entre les dirigeants sont apparues au grand jour, notamment lors de l'annonce de l'accord à laquelle le président russe n'a pas participé.

DIVERGENCES

S'exprimant devant la presse de son pays, Vladimir Poutine a mis la durée des discussions sur le compte de l'Ukraine, qui refuse selon lui d'entrer en contact avec des représentants des régions de Louhansk et Donetsk.

Angela Merkel a au contraire assuré que le président Porochenko avait "fait tout son possible pour qu'il soit mis fin au bain de sang."

"Ce que nous avons aujourd'hui sur la table nous donne un grand espoir (...) Cette initiative valait vraiment la peine", s'est réjouie la chancelière allemande.

"Il y a encore beaucoup du travail devant nous, mais ce que nous avons représente une véritable chance d'améliorer la situation (.

par Pavel Polityuk et Elizabeth Pineau

MINSK (Reuters) - Un accord offrant un espoir de fin de conflit en Ukraine a été conclu jeudi à Minsk au terme d'une longue nuit et d'une matinée de discussions entre les dirigeants ukrainien, russe, français et allemand.

Tous les obstacles à la paix n'ont cependant pas été levés et les divergences demeurent entre les dirigeants, ne serait-ce que dans les motifs avancés par Angela Merkel et Vladimir Poutine lorsqu'ils ont été invités à s'expliquer sur la durée des négociations.

Autre signe témoignant de la fragilité de l'accord conclu dans la capitale biélorusse, Kiev a annoncé qu'une cinquantaine de chars, des batteries lance-missiles et des véhicules blindés avaient pénétré en territoire ukrainien en provenance de Russie dans la nuit de mercredi à jeudi. Des tirs d'artillerie ont été entendus dans la journée à Donetsk, bastion des rebelles pro-russes.

L'accord "global" assorti d'un cessez-le-feu appelé à entrer en vigueur le 15 février a été obtenu au terme de longues heures de pourparlers dans les salons et les couloirs couverts de marbre du palais de l'Indépendance, imposant bâtiment construit sous la houlette du président biélorusse, Alexandre Loukachenko.

"L'essentiel de ce qui a été obtenu, c'est qu'un cessez-le-feu général et inconditionnel sera proclamé dans la nuit de samedi à dimanche", s'est félicité le président ukrainien, Petro Porochenko, après 17 heures de négociations, ajoutant qu'il serait suivi d'un retrait des armes lourdes.

Les "quatre" ont pas ailleurs assuré que la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine seraient respectées, selon un document conjoint distribué par le Kremlin.

"Nous sommes parvenus à nous entendre sur les principaux points", a déclaré Vladimir Poutine en annonçant la conclusion de l'accord.

François Hollande, rappelant que le sommet avait été organisé à l'initiative de Paris et de Berlin, a quant à lui souligné : "C'est un espoir pour l'Ukraine, un soulagement pour l'Europe et un bel exemple de ce que l'Allemagne et la France sont capables de faire au service de la paix".

VIGILANCE

A son arrivée au Conseil européen de Bruxelles, le président français a toutefois souligné que l'accord conclu à Minsk ne garantissait pas qu'une paix durable serait instaurée.

"L'accord ne garantit pas qu'il y aura dans les jours prochains un succès durable, cela suppose que nous continuions à être vigilants, à exercer la pression et à poursuivre le mouvement qui a été engagé grâce à l'initiative que la chancelière et moi-même nous avons pu lancer", a-t-il dit.

Pour le président Porochenko, également, l'accord sera difficile à mettre en oeuvre.

A Washington, la Maison blanche a salué la signature du plan de paix qui constitue "potentiellement une étape importante" vers la résolution du conflit mais elle s'est dite inquiète de l'intensification des combats jeudi, qui est "contraire à l'esprit de l'accord", comme l'a également estimé le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg.

L'accord devrait forcément influencer le débat entre Européens sur la nécessité de durcir ou non les sanctions à l'encontre de Moscou, qui était déjà à l'ordre du jour du Conseil européen.

Le Premier ministre britannique, David Cameron, a déclaré que les sanctions qui visent Moscou en raison de son soutien aux séparatistes ne pourraient être levées tant que le présidence russe ne changerait pas d'attitude.

"Je pense qu'il faut être très clair et Vladimir Poutine doit savoir qu'à moins qu'il change de comportement, les sanctions mises en place, ne seront pas levées", a-t-il dit.

Les tensions entre les dirigeants sont apparues au grand jour, notamment lors de l'annonce de l'accord à laquelle le président russe n'a pas participé.

DIVERGENCES

S'exprimant devant la presse de son pays, Vladimir Poutine a mis la durée des discussions sur le compte de l'Ukraine, qui refuse selon lui d'entrer en contact avec des représentants des régions de Louhansk et Donetsk.

Angela Merkel a au contraire assuré que le président Porochenko avait "fait tout son possible pour qu'il soit mis fin au bain de sang."

"Ce que nous avons aujourd'hui sur la table nous donne un grand espoir (...) Cette initiative valait vraiment la peine", s'est réjouie la chancelière allemande.

"Il y a encore beaucoup du travail devant nous, mais ce que nous avons représente une véritable chance d'améliorer la situation (...) A présent le groupe trilatéral va continuer ses travaux. Quant à nous, nous assurerons l'accompagnement et la surveillance de ce processus, toujours dans le format Normandie", a-t-elle ajouté, évoquant les rencontres à quatre.

Le groupe trilatéral, ou groupe de contact, se compose de la Russie, de l'Ukraine et de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe.

Evoquant les discussions, la chancelière allemande a déclaré que Vladimir Poutine avait, "vers la fin des négociations", fait pression sur les séparatistes pour qu'ils acceptent le cessez-le-feu.

Avant l'ouverture du sommet, les insurgés avaient lancé une vaste offensive contre Debaltseve, où 19 soldats ukrainiens ont été tués en vingt-quatre heures. La ville serait désormais totalement encerclée par les rebelles.

Face à l'aggravation du conflit, les Etats-Unis ont commencé à envisager ouvertement de fournir des armes à l'Ukraine même si aucune décision n'a été prise par la Maison blanche.

(Avec Aleksandar Vasovic, Alessandra Prentice, Margarita Chornokondatrenko, Gabriela Baczynska, Alexander Winning, Vladimir Soldatkin, Aleksandar Vasovic, Lidia Kelly, Richard Balmforth et Andrei Makhovsky; Jean-Philippe Lefief, Nicolas Delame et Guy Kerivel pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)

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