Lucile Combe (Cogefi Gestion) : « L'univers obligataire, une bonne alternative aux fonds en euros »

Boursorama le 23/10/2012 à 11:00
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Entre des marchés actions volatiles et risqués et des fonds en euros aux rendements faibles, l'univers obligataire offre des opportunités pour les stock-pickers selon Lucile Combe, directrice générale de Cogefi Gestion et gérante du fonds Cogefi Rendement.

Vous gérez le fonds Cogefi Rendement présentée comme une alternative sérieuse aux fonds en euros. Quelle est la philosophie d’un tel fonds ?

Lucile Combe : L’objectif est de faire mieux que les contrats en euros des assureurs dont le rendement décline et ne peut que continuer de décliner à un horizon prévisible, tout en limitant la prise de risque. Ainsi, Cogefi Rendement n’est pas un fonds investi en actions mais en obligations mais il s’adresse plutôt à des détenteurs de fonds en euros qui veulent dynamiser tout ou partie de leurs avoirs pour aller chercher de la performance sans exposer leur capital à la volatilité des marchés actions. La durée de placement recommandé est de deux ans et le fonds surclasse son indice de référence : Eonia capitalisé +1%.

Où trouver justement le meilleur couple rendement/risque ?

L.C : Nous nous intéressons au monde obligataire au sens large : Etats, corporate, financières, convertibles si nécessaire mais l’exposition indirecte au risque action (via les convertibles) doit rester inférieur à 10%. Concernant le degré de risque, nous détenons aussi bien de l’Investment grade (obligations notées de AAA à BBB-, moins risquées), du High Yield (obligations plus risquées) ou du « Non noté ». Pour limiter la prise de risque, nous nous engageons en revanche à limiter la « duration », c’est-à-dire la sensibilité moyenne du portefeuille, qui ne doit pas excéder deux...

N’est-il pas risqué de détenir des obligations corporate ou souveraines mal notées alors que la récession conduit à une augmentation des défaillances d’entreprises ?

L.C : Cela pourrait l’être dans l’absolu mais nous n’investissons pas dans des obligations mal ou non notées à n’importe quelle condition. D’une part, nous restons sur des maturités très courtes pour lesquelles la visibilité est importante. D’autre part, nous investissons dans le « haut » des obligations High Yield (souveraines ou corporate), ce qui signifie que nous restons dans la tranche notée au dessus de B.

A l’intérieur du monde obligataire, comment répartissez-vous votre allocation d’actifs ?

L.C : Jusqu’à l’été, le fonds était dédié à près de 100% sur les obligations corporate. Depuis lors, nous sommes revenus sur les obligations d’Etat : Espagne, Italie, Portugal mais pour des échéances courtes (moins de trois ans). La BCE a confirmé début septembre son quasi-rôle de prêteur en dernier ressort sous conditions (annonce des OMT’s par Mario Draghi). Le risque d’une dislocation désordonnée de la zone euro s’est éloigné. Cette poche allouée aux obligations d’Etat représente près de 12% du fonds. Nous avons également renforcé récemment le poids des valeurs financières qui bénéficient également des actions potentielles de la BCE. Nous les avions déjà remis en portefeuille avec le lancement du premier LTRO par la BCE fin 2011. Actuellement, les obligations corporate ne représentent plus que 50% du portefeuille contre 100% il y a un an !

Un exemple d’obligation corporate attractive ?

L.C : Nous avons rentré en novembre 2011 du Portugal Telecom 2013. L’obligation est attractive dans la mesure où sa valeur a été pénalisée d’être associée à la dette souveraine du Portugal. Elle a souffert également d’un marché du financement presque fermé... Or, nous estimons de façon assez précise que l’opérateur portugais aura la capacité de refinancer sa dette d’ici avril 2013. Nous n’avons pas besoin de raisonner à dix ans ! A cette échéance, l’obligation constitue donc une opportunité avec un risque très limité.

Sur quel scénario global vous appuyez-vous ?

L.C : Nous pensons que nous devrions éviter une aggravation de la conjoncture mondiale et nous devrions voir des signes de stabilisation d’ici à la fin de l’année. En septembre, les marchés ont salué les annonces des banques centrales (OMT, QE3 etc.) et ont paru oublié pendant quelques semaines la réalité du ralentissement économique. Aujourd’hui, les investisseurs se concentrent à nouveau sur les fondamentaux. Dans ce contexte, nous ne nous positionnons pas sur les titres les plus cycliques car des déceptions sur les résultats sont à prévoir. Pour autant, il est indéniable que l’action des banques centrales donne un cadre et une visibilité aux marchés financiers qui faisaient défaut depuis deux ans. C’est un élément très important qui permettra d’éviter un retour de la panique sur les marchés.

Propos recueillis par Julien Gautier

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