Lucien Neuwirth, père de la loi sur la pilule, est mort

le
0

PARIS (Reuters) - L'ancien résistant gaulliste Lucien Neuwirth, qui fit voter en 1967 la loi autorisant l'utilisation de la pilule contraceptive, est décédé à Paris dans la nuit de lundi à mardi à l'âge de 89 ans.

Lucien Neuwirth, qui était hospitalisé depuis plusieurs mois, est mort des suites d'une infection pulmonaire.

François Hollande a salué "un acteur déterminant de l'évolution de la société française".

"Sa vie est le symbole du combat pour la liberté. Il a su, avec audace, s'affranchir de tous les conservatismes, et ouvrir un temps nouveau dans l'émancipation des femmes", déclare le chef de l'Etat dans un communiqué.

Lucien Neuwirth, né le 18 mai 1924 à Saint-Etienne (Loire), avait rejoint Londres et le général de Gaulle à l'âge de 17 ans avant d'être plusieurs fois parachuté sur la France occupée.

Fait prisonnier en avril 1945, il a survécu miraculeusement au peloton d'exécution, sauvé par une pièce de monnaie qui a bloqué la balle. Il sera grièvement blessé.

Membre dès la Libération du Rassemblement pour la République (RPF), le mouvement créé autour du général de Gaulle, Lucien Neuwirth entamera dès 1947 une carrière politique en tant que conseiller municipal de sa ville natale.

"RÔLE HISTORIQUE"

En mai 1958, toujours fidèle au général de Gaulle, Lucien Neuwirth jouera un rôle capital pour déjouer le putsch des généraux partisans de l'Algérie française. Il est alors porte-parole du Comité de salut public et directeur de Radio Alger.

Il sera ensuite député de la Loire UNR puis RPR (mouvements néo-gaullistes) de 1958 à 1981. En 1967 il fait voter la loi, qui portera son nom, autorisant l'utilisation de la pilule contraceptive.

Une loi qui suscitera bien des remous au sein de la droite et de sa formation politique. Les décrets d'application ne seront publiés que deux ans plus tard.

Ecarté par la "vague rose" de 1981, Lucien Neuwirth, qui présida le conseil général de la Loire de 1979 à 1994, fut ensuite sénateur de 1983 à 2001 date à laquelle il abandonna la politique.

La ministre des Affaires sociales et de la Santé, Marisol Touraine, a rendu hommage à "un homme prêt à se battre contre les conservatismes, y compris ceux de son propre camp, pour faire avancer le droit des femmes".

Najat Vallaud-Belkacem, ministre des Droits des femmes, a souligné sur RTL son "rôle historique" dans la libération des femmes.

La loi de 1967 sur la contraception "a ouvert la voie à d'autres textes, et notamment au combat de Simone Veil pour l'IVG et je crois que nous avons de quoi lui en être reconnaissant", a-t-elle ajouté.

Le président de l'UMP, Jean-François Copé, a salué la mémoire d'"un homme de fidélité et de combats" au parcours politique "marqué par un engagement audacieux dans le domaine sociétal".

(Emile Picy, édité par Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant