Lucien Barrière n'entre plus en Bourse 

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Le groupe hôtelier Accor, qui devait céder sa participation de 49 % dans la société propriétaire du Fouquet's et de 37 casinos, a renoncé mercredi à cette opération en raison du manque d'appétit des investisseurs.

Le 1er octobre, le Groupe Lucien Barrière aurait dû faire ses premiers pas en Bourse. Mercredi soir, après la clôture des marchés, Accor a annoncé qu'il retirait l'offre de vente de sa participation de 49 % au capital de Barrière faute d'intérêt. « Cette participation est valorisée entre 500 et 700 millions d'euros », avait expliqué Gilles Pélisson au Figaro (nos éditions du 25 février).

En renonçant à la céder, il annule de fait l'opération. Les titres Groupe Lucien Barrière étaient proposés à la vente à un prix compris entre 16,10 euros et 19,60 euros. Le prix définitif de mise sur le marché aurait dû normalement être annoncé aujourd'hui, pour permettre les premiers pas boursiers de l'exploitant de casino demain.

«L'opération n'était pas évidente, note un banquier spécialiste des levées de fonds. Le segment des entreprises mid-cap est complexe par nature et le secteur ne fait pas rêver les investisseurs. Le parcours boursier des comparables, comme Partouche, ne plaidait pas vraiment pour Barrière.» Un argument partiellement repris par Accor qui impute cet échec à la fois à un mauvais timing, à une méconnaissance du marché du secteur des casinos, à des comparables peu porteurs, évoquant lui aussi, mais à demi-mot son concurrent Partouche.

Accor justifie sa décision, qui a pris à rebours bon nombre d'observateurs, par le manque d'entrain des investisseurs pour ce groupe surtout connu pour ses casinos mais qui détient aussi des hôtels, des restaurants et des bars, dont le Fouquet's. «L'offre n'a pas rencontré le succès escompté dans la fourchette de prix proposée », rapporte un porte-parole d'Accor.

Un plan de cessions mené tambour battant

Pour tenter de rassurer, le numéro un français de l'hôtellerie précise qu'il est en avance sur le plan de cession d'actifs qu'il s'était fixé. En mai 2010, il avait 2 milliards d'euros de cessions d'ici à 2013, essentiellement des murs d'hôtels. Cette année, il devait en réaliser 450 millions d'euros. Le groupe devrait être en avance sur son plan de 150 à 200 millions à la fin de l'année.

En outre, de bons semestriels ont aussi permis de conforter les finances d'Accor. L'abandon de la cession ne devrait pas non plus avoir d'impact sur le bilan. Cette participation ayant été déconsolidée et devrait le rester pendant encore au moins un an. En revanche, «le désendettement du groupe qui devait être accéléré se fera maintenant à un rythme normal», a prévenu mercredi Gilles Pélisson qui a «toujours dit» qu'il ne braderait pas Lucien Barrière.

Néanmoins, la cession de la participation dans Barrière ne devrait être que partie remise. Elle reste un «actif non stratégique». Toutes les options sont à nouveau ouvertes, y compris la recherche d'un investisseur. Cette hypothèse avait pourtant été délaissée une première fois, le management de Barrière préférant l'IPO à cette solution.

Gilles Pélisson s'est redit «confiant dans les perspectives du groupe» qui reste «un bel actif». Accor affirme en outre avoir «la capacité de poursuivre son expansion tout en conservant sa participation dans le Groupe Lucien Barrière afin de bénéficier de la création de valeur attendue».

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