Luc Ferry : "On peut élever des animaux sans les faire souffrir"

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Photo d'illustration.
Photo d'illustration.

Luc Ferry, philosophe, est cosignataire de l'appel de 30 Millions d'amis à modifier le statut de l'animal. Selon lui, cette évolution du Code civil - reconnue mardi par l'Assemblée nationale - ne vise qu'à "les protéger des formes de cruauté qui existent encore de manière scandaleuse". Explications. Le Point.fr : L'humanisme traditionnel n'a pas su protéger l'animal ? Luc Ferry : En effet, c'est le moins que l'on puisse dire. Dans la tradition issue de Descartes, tradition qui a été très influente dans le droit français jusqu'à une date récente, on a considéré l'animal comme une simple chose, totalement dénuée d'intelligence et de sensibilité. Descartes comparait les animaux à des machines, à des automates semblables à des montres. Il va jusqu'à prétendre que les cris qu'ils poussent sous le scalpel pendant une vivisection n'ont pas plus de signification que le timbre d'une pendule. Plus tard, par exemple chez Kant, ça progresse quand même : on prohibe le sadisme envers les bêtes, mais, en fait, ce n'est pas pour protéger l'animal lui-même, l'animal en tant que tel, mais seulement pour épargner aux humains le spectacle d'actes de cruauté qui pourraient les choquer ou, pis, leur donner de mauvaises idées. C'est dans cet esprit que la fameuse loi Grammont de 1850 entend punir les cruautés commises en public et limitées aux animaux domestiques. En privé, ou avec un animal sauvage, tout est encore permis... Donc,...

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