LR veut le départ de Cazeneuve après les violences de l'Essonne

le , mis à jour à 14:39
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    * L'opposition reproche au gouvernement son "laxisme" 
    * Manuel Valls promet une réponse sévère 
    * Des syndicats de police veulent plus de moyens 
 
 (Actualisé avec appel à la grève du zèle) 
    PARIS, 10 octobre (Reuters) - Le parti Les Républicains (LR) 
a réclamé lundi la démission du ministre de l'Intérieur, Bernard 
Cazeneuve, après les violences commises contre des policiers ce 
week-end dans l'Essonne tandis que des syndicats de police 
réclament plus de moyens. 
    "Il est évident que M. Cazeneuve ne peut plus poursuivre sa 
mission", a déclaré Valérie Debord, porte-parole LR, qui 
reproche au gouvernement "quatre ans et demi de laxisme" et au 
ministre son emploi du mot "sauvageons", dans la matinée, pour 
qualifier les agresseurs.  
    "Non, M. Cazeneuve, ce ne sont pas des sauvageons, ce sont 
des meurtriers, ce sont des assassins, qui volontairement ont 
souhaité tuer des policiers", a-t-elle ajouté lors de la 
conférence de presse hebdomadaire de son parti. 
    Le ministre de l'Intérieur et Manuel Valls ont fait lundi 
matin la tournée des commissariats de l'Essonne, où le Premier 
ministre a assuré que les auteurs des violences seraient 
"appréhendés" et "jugés sévèrement". 
    Mais le syndicat de police Alliance, majoritaire chez les 
gardiens, s'est dit déçu par les annonces du gouvernement. Il a 
appelé les policiers de l'Essonne à faire une "grève du zèle" et 
à se contenter de répondre aux urgences. 
    "On attendait des réponses fortes, cela n'a pas été le cas", 
a dit Claude Carillo, délégué départemental du syndicat, qui a 
déploré le flou du Premier ministre sur un renforcement des 
effectifs. 
    "Depuis des années, il y a une vision comptable de la 
sécurité qui est en totale inadéquation avec la réalité", a 
déclaré pour sa part sur Twitter le syndicat Unité SGP Police. 
    Pour le Syndicat des commissaires de la police nationale 
(SCPN), il y a "urgence à proclamer une grande mobilisation pour 
imposer à tous le respect des lois comme des fonctionnaires 
chargés de les faire appliquer". 
    Quatre membres des forces de l'ordre ont été blessés samedi, 
dont deux grièvement, lors de l'agression commise par un groupe 
d'une quinzaine de personnes qui ont jeté des cocktails Molotov 
sur leurs véhicules près du quartier sensible de la 
Grande-Borne, à Viry-Châtillon. 
    L'incident s'est produit lors d'une mission de surveillance 
d'une caméra de vidéosurveillance endommagée à deux reprises ces 
dernières semaines après son installation par la mairie à un 
carrefour théâtre de nombreux vols à la portière.   
    En visite dans le département de la banlieue parisienne dont 
il a longtemps été l'élu, Manuel Valls a dénoncé des actes d'une 
"sauvagerie et d'une violence insupportables".  
     
    "SCANDALE" 
    "L'autorité de l'Etat, elle sera assurée, elle est là. Il 
n'y a pas de zone de non droit, il y a des territoires 
particulièrement difficiles", a déclaré le chef du gouvernement 
devant la presse au commissariat d'Athis-Mons.  
    "Je ne doute pas un seul instant que ces individus seront 
appréhendés et jugés, et jugés sévèrement", a-t-il ajouté, en 
réponse à l'émoi causé par cette agression, qui a valu au 
gouvernement de nombreuses flèches des responsables en lice pour 
l'élection présidentielle de 2017.  
    "Un État fort c'est un État qui ne recule pas, un État qui 
met fin aux zones de non droit. #ViryChatillon", a ainsi écrit 
Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, sur Twitter.  
    En meeting dimanche au Zénith de Paris, l'ancien président 
Nicolas Sarkozy a dénoncé "un scandale, une honte".    
    Marine Le Pen, présidente du Front national, a promis pour 
sa part dans un tweet de "rétablir l'autorité sur chaque mètre 
carré du territoire national".    
    Dans l'Essonne, Manuel Valls a promis "des réponses" aux 
doléances de policiers, alors que les syndicats déplorent "un 
manque d'effectifs certain dans ce département". 
    Dans la matinée, Bernard Cazeneuve a décrit sur RTL une 
agression commise par "une bande de sauvageons qui ont agi avec 
lâcheté".  
    Interrogé sur la santé du policier le plus sérieusement 
blessé, victime de graves brûlures, le ministre a déclaré que 
son état était "stationnaire". "Son état est sérieux, il est 
pris en charge de façon absolument remarquable par les 
personnels hospitaliers", a-t-il ajouté. "Je suis convaincu 
qu'il se remettra." 
 
 (Elizabeth Pineau, Emmanuel Jarry, Simon Carraud et Gérard Bon, 
édité par Yves Clarisse) 
 
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  • M8252219 il y a 2 mois

    Un an que cela dure et il faut une attaque meurtrière pour réveiller ce gouvernement !!!!! impensable défense de tirer si ont est attaqué . Pas étonnant que le quinquennat de FH soit le plus meurtrier de la 5ème république .

  • M3039634 il y a 2 mois

    Ce qui manque le plus est un Ministre de l'Intérieur prêt à soutenir les efforts des Forces de l'Ordre, plutôt qu'un Ministre assurant les victimes de sa compassion.