Lourde chute à la Bourse de Paris !

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L. Grassin
L. Grassin
Bernanke n'a pour l'instant fait que préparer le terrain en prévoyant une décélération du rythme des injections de liquidités avant la fin de l'année pour un arrêt complet prévu mi-2014... Ce calendrier pourrait cependant évoluer en fonction de la reprise économique ou de l'évolution du taux de chômage.
Après avoir déjà clôturé en forte contraction hier soir, Wall Street chute encore ce soir, tiré aussi vers le bas par un mauvais indicateur industriel chinois, les derniers chiffres plus mauvais que prévu du chômage aux Etats-Unis, un indice des indicateurs économiques américains avancés décevant, et un indice manufacturier Markit PMI sous les attentes !

ECO ET DEVISES

Hier soir, le président de la Réserve fédérale américaine Ben Bernanke a donc douché les marchés en confirmant l'intention de la banque centrale américaine de réduire ses achats d'actifs à partir de la fin de cette année... Même si la Fed promet de maintenir une politique monétaire "ultra-accommodante", avec des taux directeurs proches de zéro, elle devrait ralentir ses rachats d'actifs fin 2013 avant de les arrêter totalement vers la mi-2014, si la reprise économique se poursuit aux Etats-Unis.

Les investisseurs ont, en outre, mal réagi ce matin à la publication de l'indice Flash PMI manufacturier de HSBC et Markit, qui s'est affiché en nette contraction, tombant à 48,3 en juin, contre 49,2 en mai. L'activité chinoise semble donc marquer le pas plus fortement que prévu, un phénomène qui intervient alors même qu'un manque de liquidités se fait sentir au sein du système bancaire chinois. Les taux interbancaire se sont encore tendus ce matin après la publication de cette statistique, faisant planer le risque d'un véritable "credit crunch" en Chine, selon des analystes...

Le Département US au Travail vient d'annoncer que les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, ont augmenté de 18.000 sur la semaine antérieure à 354.000. Un chiffre moins bon qu'attendu puisque le consensus Bloomberg tablait sur 340.000 nouvelles demandes. La moyenne à quatre semaines atteint 348.250 pour la période terminant le 15 juin. Un chiffre en hausse de 2.500 par rapport à la semaine précédente. Le taux de chômage indemnisé lors de la semaine close le 8 juin atteint 2,3%, inchangé par rapport à la semaine précédente. Le nombre de chômeurs indemnisés sur la même période s'établit à 2,95 millions, en repli de 40.000 par rapport à la semaine précédente.

L'indice des indicateurs économiques américains avancés du Conference Board pour le mois de mai 2013 est ressorti en croissance de +0,1% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place logé à +0,2% et +0,8% en avril. Le rapport reflète l'anticipation d'une amélioration des conditions économiques.

L'indice d'activité manufacturière régionale de la Fed de Philadelphie pour le mois de juin 2013 est ressorti positif de 12,5 points (au plus haut depuis avril 2011), contre un consensus de -1 et un niveau de -5,2 rapporté un mois plus tôt. Dans le vert, l'indice traduit une amélioration inattendue de l'activité en juin dans la région.
L'indice manufacturier Markit PMI américain ressort à 52,2 pour le mois de juin 2013, contre 52,7 de consensus, et 52,3 en mai 2013.
L'euro termine de retour sur les 1,32/$ entre banques ce soir.

VALEURS EN HAUSSE

* Virbac : prend 1% avec Havas (+0,5%) et Sodexo

VALEURS EN BAISSE

* Ce jeudi était le premier jour de cotation des actions Groupe Fnac, détachées à l'ouverture des titres Kering à raison de 1 action Groupe Fnac pour 8 actions Kering. Le prix de référence technique des actions Groupe Fnac a été fixé à 22 Euros. Sur cette base, Groupe Fnac a évolué en baisse de 13,6% en fin de séance à 19 Euros. 16.595.610 actions ordinaires Groupe Fnac ont été admises sur le compartiment B du marché Euronext Paris, ce qui donne ce matin une capitalisation boursière d'environ 330 millions d'euros. Les actions Groupe Fnac ne sont pas éligibles au SRD. L'attribution des actions du leader français de la distribution de produits de loisirs et technologiques a la nature d'une distribution de dividendes sur le plan fiscal et sera donc soumise (hors PEA) à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux (15,5%). Pour les besoins de la détermination du revenu imposable, le montant du dividende en nature par action à prendre en compte sera égal à 1/8ème du cours d'ouverture de l'action Groupe FNAC à la date de détachement. Le cours d'ouverture de Groupe Fnac étant de 20,03 Euros, l'imposition se fera sur la base de 2,5 Euros (par action Kering). Avec plus de 160 magasins, la Fnac a réalisé un peu plus de 4 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2012. La marge opérationnelle courante de la Fnac a reculé à 2% l'an dernier contre 2,5% en 2011, loin des marges de l'univers du luxe. L'enseigne de distribution de produits culturels et de loisirs a enregistré une baisse de chiffre d'affaires de 6,1% au premier trimestre 2013 dans un contexte de consommation resté difficile sur ses principaux marchés en Europe de l'Ouest, en particulier en Espagne (-10,7% à nombre de magasins constants). La Fnac a engagé un plan d'économies et de réorganisation visant à retrouver une marge opérationnelle courante supérieure à 3% à partir de 2016. Face à des marchés de l'électronique grand public et des produits culturels attendus en décroissance sur la période 2012-2016, le groupe a l'objectif de stabiliser son chiffre d'affaires et sa marge brute à l'horizon 2016. Pour cela, la Fnac va accroître la présence dans ses magasins des jeux et jouets et des produits maison et design.

* Eurotunnel plonge de 12% à 5,78 Euros. Le groupe est bien décidé à faire entendre sa voix dans le dialogue qui s'est ouvert entre la Commission européenne d'un côté et les autorités françaises et britanniques de l'autre. Le commissaire aux transports, Siim Kallas, estime en effet que les tarifs ferroviaires transmanche sont excessifs, notamment dans le fret, à tel point qu'ils dissuadent la concurrence d'y lancer ses trains, et entraîne une sous-utilisation de l'ouvrage, estimée à 43% par l'exécutif communautaire sur les marchandises. Il a donc écrit à Paris et Londres pour leur demander de faire baisser les prix, et de mettre un terme à la convention de capacités réservées qui bénéficie à la SNCF. L'opérateur du tunnel, tout en rappelant que cette querelle est régie au niveau étatique et non au sien, a cependant tenu à préciser que les tarifs pratiqués ont été définis dès l'origine du projet sur la base des hypothèses de trafic et des investissements nécessaires à l'édification de l'ouvrage, dans le cadre du contrat de concession. Si celui-ci venait à être modifié dans un sens défavorable à la société, Eurotunnel indique d'ores et déjà qu'il demandera pour ses actionnaires une "légitime indemnisation" qui serait calculée sur la durée d'ensemble de la concession, qui court jusqu'en 2086. Quant à la baisse du trafic, le groupe la met davantage sur le dos des difficultés de certains opérateurs de fret ferroviaire sur leurs marchés domestiques que sur celui des prix pratiqués...

* Renault : -6% avec Carrefour, Kering

* STM : -5% suivi de SoiTec, Pernod Ricard

* Valeo redonne 4,5% avec Casino, SG, Arkema, Sanofi

* Peugeot cède 4,5%. PSA a enregistré au cours des 5 premiers mois 2013 un record de ventes en Argentine. 62.240 véhicules y ont été vendus, soit une hausse de 28,6% par rapport à 2012. Dans un marché dynamique (+8,8%), la marque Peugeot progresse de 24,7% et Citroën de 38,7%. La part de marché du groupe s'élève ainsi désormais à 15,2%, dont 10,6% pour Peugeot, et 4,6% pour Citroën.

* Lafarge : -4% avec Essilor, CGG, BNP Paribas, Eiffage, GDF Suez

* EDF : -3,5% avec AXA, Crédit Agricole, Vivendi, France Télécom, Vinci, Total, Thales, Natixis, Unibail

* Alcatel-Lucent. -0,6%. Le titre a tenté de résister après l'annonce d'un nouveau plan d'économies hier. Les analystes ont globalement été séduits par les projets du groupe, même si certains restent prudents compte tenu du chemin qui reste à parcourir et des fonds nécessaires à la transformation de l'équipementier... Parmi les nouveaux supporters du dossier, deux courtiers de poids : Bank of America Merrill Lynch d'abord, repassé acheteur du dossier, avec un objectif largement rehaussé à 2,61 euros, et UBS, passé de "vendre" à "neutre" pour un objectif de 1,60 euro contre 1,30 euro jusque-là, qui estiment tous deux que le plan a des chances d'aboutir.

Finance Plus, édité par lerevenu.com

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