Lourd bilan après la reprise des violences au Soudan du Sud

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 (Actualisé avec bilan) 
    JUBA, 9 juillet (Reuters) - Les affrontements entre 
partisans du président sud-soudanais Salva Kiir et de l'ancien 
chef rebelle Riek Machar ont fait au moins 115 morts en deux 
jours à Juba, la capitale, a annoncé samedi un porte-parole 
militaire de l'opposition.  
    Des tirs ont retenti vendredi soir aux abords de la 
résidence présidentielle, alors que le chef de l'Etat et Riek 
Machar, devenu premier vice-président dans le cadre du fragile 
processus de paix, s'y entretenaient.  
    Les deux hommes ont dit ignorer la cause de cette reprise 
des violences et ont lancé un appel au calme.  
    "Dans la matinée, nous avons récupé (les corps) de 35 
membres du SPLM-IO et de 80 personnes des forces 
gouvernementales", a annoncé William Gatjiath Deng, porte-parole 
des troupes fidèles à Riek Machar.  
    Jeudi, cinq militaires avaient déjà trouvé la mort dans des 
affrontements entre partisans des deux camps. 
    Il s'agissait des premiers heurts depuis le retour en avril 
de Riek Machar à Juba, en vertu de l'accord conclu en août qui a 
mis fin au soulèvement de ses partisans, entamé en décembre 
2013.   
    Un calme précaire régnait samedi à Juba, selon un 
journaliste de Reuters sur place.   
    Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, s'est dit 
profondément préoccupé par cette reprise des violences qui, 
selon lui, "illustrent une fois de plus le manque d'implication 
sérieuse des parties dans le processus de paix".  
    A la veille du cinquième anniversaire de l'indépendance du 
Soudan du Sud, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les 
réfugiés (HCR) s'est dit lui aussi gravement préoccupé par les 
déplacements forcés qui résultent des violences, à la fois à 
l'intérieur du pays et dans la région.  
    "Malgré l'accord de paix qui a officiellement mis fin à la 
guerre civile en août 2015, les conflits et l'instabilité se 
sont propagés dans des zones auparavant non touchées dans les 
régions de l'Equatoria et du Bahr el-Ghazal", a déploré sa 
porte-parole Melissa Flemming.   
    L'International Crisis Group a invité récemment les chefs 
d'Etat africains à faire pression sur les anciens belligérants 
pour qu'ils réaffirment leur attachement à l'accord de paix 
conclu en août.  
    "Au cours des neuf mois de cessez-le-feu, les forces en 
présence ont seulement mis fin aux hostilités mais sont restées 
face à face. Il n'y pas eu de mesures conjointes pour superviser 
la sécurité ni d'initiative en faveur de l'unification et de la 
démobilisation", déplore l'ONG dans un rapport publié en 
juillet.   
 
 (Denis Dumo,; Nicolas Delame et Jean-Philippe Lefief pour le 
service français) 
 
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