Louis Gallois, M. Compétitivité, embarque chez PSA

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LOUIS GALLOIS NOMMÉ ADMINISTRATEUR DE PSA
LOUIS GALLOIS NOMMÉ ADMINISTRATEUR DE PSA

par Gilles Guillaume

PARIS (Reuters) - En nommant Louis Gallois administrateur, le constructeur automobile en difficulté PSA accueille à bord de son conseil de surveillance un spécialiste de l'industrie ayant beaucoup planché sur la compétitivité de l'économie française.

PSA Peugeot Citroën a annoncé mardi, à l'issue d'une réunion de son conseil de surveillance, la nomination prochaine de l'ancien PDG de la SNCF et d'EADS comme "membre indépendant référent".

Il aura pour tâche de relayer les points de vue du gouvernement auprès de la famille Peugeot, principal actionnaire du groupe, puisqu'il sera l'administrateur "en lien étroit avec l'Etat" dont le gouvernement a obtenu fin octobre la nomination en échange d'une garantie publique de sept milliards d'euros à l'activité bancaire en difficulté du groupe automobile.

Contrairement à Renault, dont il est le principal actionnaire à hauteur de 15%, l'Etat ne disposait jusqu'ici que de moyens de pression indirects pour influer sur les décisions ou la stratégie du premier constructeur automobile français.

Or depuis l'annonce d'un vaste plan social l'été dernier, prévoyant 8.000 nouvelles suppressions d'emplois en France et la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois, le gouvernement est en embuscade. Il a reproché au groupe d'avoir tardé à engager cette restructuration pour faire face à des difficultés financières qui ont éclaté au grand jour à l'automne 2011, et de pas s'être développé plus rapidement à l'international pour compenser la chute de ses ventes en Europe, notamment du Sud.

Il a aussi prévenu qu'il veillerait à ce que les projets envisagés avec General Motors, dans le cadre de l'alliance stratégique entre les deux groupes annoncée en février, ne se fasse pas au détriment de la France, PSA représentant les deux-tiers de la production automobile nationale.

Si l'Etat aura désormais son mot à dire, le président du directoire de PSA ne pourra en revanche que se féliciter de l'arrivée au conseil d'un industriel émérite qui a prôné une baisse des cotisations sociales de 30 milliards d'euros pour enrayer le déclin de l'industrie française. Philippe Varin montre régulièrement du doigt le déficit de compétitivité des usines françaises face à la concurrence.

Agé de 68 ans, Louis Gallois a quitté en mai la présidence exécutive d'EADS après un mandat de cinq ans au cours duquel il s'est employé à pacifier la relation franco-allemande au sein du groupe d'aérospatiale et de défense.

Avant de diriger EADS, il a été tour à tour à la tête du motoriste Snecma, de l'Aérospatiale, de la SNCF et d'Airbus.

Certaines de ses positions récentes sur le diesel laissent par contre augurer des échanges animés au sein du conseil de surveillance de PSA.

Louis Gallois a jugé début novembre que le carburant préféré des Français avait été "outrageusement" avantagé par la fiscalité, alors que PSA mise beaucoup sur cette technologie. Après avoir inventé avec sa filiale Faurecia le filtre à particules, il a commercialisé l'an dernier le premier hybride-diesel au monde.

Avec Cyril Altmeyer, édité par Jean-Michel Bélot

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  • quoa le mardi 18 déc 2012 à 18:54

    super fonctionnaire