Louer ses biens pour s'offrir des vacances

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Louer appartement, voiture, camping-car ou encore bateau sont désormais possible facilement. Les Français se saisissent de ces nouvelles possibilités pour arrondir leurs fins de mois ou financer leurs escapades.

Pour partir malgré la crise, un nombre croissant de Français mettent en location ce qu'ils n'utilisent pas pendant leur séjour: logement, voiture, mais aussi camping-car, vélo et pourquoi pas bateau...

Le succès dans l'Hexagone du site de location de logements entre particuliers Airbnb est l'exemple le plus manifeste de cette économie du partage qui séduit de plus en plus le consommateur français. 70.000 logements français sont à louer en ce moment sur le site, contre 7000 il y a deux ans. Initialement très urbain - et surtout parisien -, le site a peu à peu conquis un public plus large. «En Corse, le nombre de logements proposés à la location a par exemple été multiplié par 9 cette année», constate Nicolas Ferrary, directeur France du site américain. Les personnes qui résident dans des zones touristiques ont compris l'intérêt qu'ils pouvaient trouver à louer une pièce vide de leur maison, ou leur logement dans son intégralité, à des touristes. Dans 80% des cas, les propriétaires louent leur résidence principale et deux fois sur trois, il s'agit de leur logement entier... qu'ils n'occupent pas s'ils sont eux-mêmes partis en vacances. Montant du gain: en moyenne 300 euros sur un mois à Paris. D'après une étude réalisée par Airbnb, ces gains sont utilisés en grande partie pour subvenir aux dépenses courantes, mais aussi pour financer ses propres vacances (à hauteur de 80 euros).

Dans la famille des sites de location entre particuliers, Airbnb est le mastodonte, mais il est loin d'être le seul. Une multitude de sites permettent de gagner un peu d'argent avec les biens que l'on n'utilise pas quand on est soi-même en voyage. C'est par exemple le cas de Carnomise et de Tripndrive, qui proposent aux vacanciers de louer leur voiture en leur absence. Installés dans les grands aéroports, ils paient le parking de la voiture et reversent aux propriétaires un dédommagement pour sa location. La facture adressée au locataire du véhicule est de son côté autour de 60% moins élevée que chez un loueur traditionnel. «Nous avons laissé notre voiture trois semaines à Carnomise à l'occasion d'un voyage au Japon. En louant notre voiture quinze jours, nous avons gagné 136 euros... et nous n'avons pas payé les 300 euros de parking habituels», se félicite Chantal Blanchet, une nouvelle adepte.

Louer son bateau

Même concept chez JeLoueMonCampingCar, créé en 2011. Comme son nom l'indique, le site met en relation des propriétaires de camping cars, qui ne s'en servent généralement qu'une partie de l'année, avec des personnes qui désirent en louer. Deux ans après sa création, le site a trouvé son marché: 19.000 jours de location ont transité par JeLoueMonCampingCar... dont plus de 60% depuis le début de l'année. Pour la location d'un camping car, comptez environ 100 euros par jour. Chaque propriétaire a gagné en moyenne 600 euros grâce à son véhicule non utilisé. Sur un segment tout aussi spécialisé, Boaterfly et Sailsharing visent à faciliter la location de bateaux entre particuliers. La location de vélos entre particuliers, proposée par Véloc depuis quelques mois seulement, vise potentiellement un public plus large, mais peine encore à percer dans l'Hexagone.

Les Français mordent pourtant sans conteste à la «consommation collaborative». La France est le 2e marché au monde d'Airbnb, aussi bien en termes de nombre de voyageurs que de logements proposés à la location. Le succès du site français de covoiturage Blablacar, désormais leader du secteur en Europe, est un autre révélateur du succès de ces nouveaux modes de consommation, qui séduisent désormais au-delà de la communauté «bobo» des débuts. La moyenne d'âge des utilisateurs de Blablacar s'est sensiblement élevée ces deux dernières années. «La location de voitures entre particuliers - Drivy, Ouicar ou Buzzcar en sont les leaders - touche un autre public, plus âgé et moins urbain. Le succès de ces sites est le signe que cette façon de consommer rentre dans les moeurs», constate Marc-Arthur Gauthey, du think-tank ouishare, consacré à ces pratiques.

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