Londres veut une enquête après un scandale impliquant Barclays

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Londres veut une enquête après un scandale impliquant Barclays
Londres veut une enquête après un scandale impliquant Barclays

par Avril Ormsby

LONDRES (Reuters) - Le gouvernement britannique a ordonné un examen indépendant du marché interbancaire, à la suite d'un scandale impliquant la Barclays.

Barclays versera 453 millions de dollars (362 millions d'euros) aux autorités américaines et britanniques pour mettre fin à l'amiable aux poursuites engagées à son encontre pour manipulation du taux Libor.

L'enquête sur le Libor se déploie à travers l'Europe, le Japon et l'Amérique du Nord. Citigroup, HSBC et UBS sont également examinées.

Par ailleurs, les quatre principales banques britanniques ont accepté de verser des dédommagements à leurs clients, en l'occurence des PME, pour les avoir mal informées sur des produits de couverture de taux.

Le scandale du Libor a provoqué une levée de boucliers contre les pratiques du secteur bancaire et des parlementaires de tous bords ont réclamé à y voir plus clair.

Le gouvernement veut diligenter une enquête rapide lui permettant d'amener le Financial Services Bill actuellement examiné par le parlement, a déclaré une porte-parole du Premier ministre. L'enquête étudiera aussi la possibilité de sanctions au pénal.

Aucune accusation au pénal n'a encore été portée mais Londres a chargé la brigade financière d'enquêter sous cet angle.

"Le responsable des investigations veut parler à toutes les parties concernées, la Banque d'Angleterre, la FSA (Financial Services Authority, NDLR-l'autorité de tutelle du secteur financier) et ceux qui utilisent le Libor", a dit Mark hoban, secrétaire au Trésor, à la BBC.

Le directeur général de Barclays Bob Diamond a été assigné à comparaître devant des parlementaires britanniques le 4 juillet pour s'exprimer sur le scandale.

Lors de sa dernière audition devant une commission parlementaire l'an passé, Diamond avait dit qu'il était temps pour les banquiers de cesser de s'excuser. A présent, c'est son poste même qui est en jeu, dans la mesure où il dirigeait la banque d'investissement Barclays Capital à l'époque des faits, soit de 2005 à 2009.

IMPUNITÉ FINANCIÈRE

"Le parlement et la population doivent savoir ce qui a mal tourné et si les responsables ont été éjectés", a dit Andrew Tyrie, président de la commission parlementaire Treasury Select, qui doit interroger Diamond.

Le gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King n'a pas mâché ses mots vendredi lorsqu'il s'est exprimé sur les us et coutumes bancaires britanniques, dénonçant la tromperie comme moyen de faire de l'argent.

Selon lui, une refonte de grande ampleur s'impose pour un secteur où se sont multipliés les scandales financiers.

Le secrétaire à la Justice Ken Clarke a dit que si l'une ou plusieurs des enquêtes en cours révélaient des délits pénaux présumés, il faudrait saisir la justice.

"Pour ce qui est de poursuivre les délits financiers dans ce pays, nous pouvons vraiment mieux faire", a-t-il dit samedi à la BBC.

"C'est pourquoi lorsque nous mettrons sur pied la National Crime Agency, il nous faudra examiner le passé du Serious Fraud Office. J'ai l'impression que le délit financier peut rester impuni dans ce pays beaucoup plus aisément que tout autre délit".

Wilfrid Exbrayat pour le service français

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