Londres souhaite un accord "sur mesure" avec l'UE après le Brexit

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    LONDRES, 5 septembre (Reuters) - La Grande-Bretagne veut 
conclure un accord "unique" avec l'Union européenne pour 
regagner sa souveraineté, réduire l'immigration et stimuler le 
commerce avec le bloc communautaire une fois que le Royaume-Uni 
l'aura quitté, a déclaré lundi le ministre chargé de négocier le 
"Brexit". 
    Le nouveau gouvernement emmené par Theresa May n'a pour 
l'heure pas livré de calendrier précis pour la mise en oeuvre du 
"Brexit", disant vouloir se préparer à la phase des négociations 
qui devront s'ouvrir lorsque le Royaume-Uni lancera la procédure 
de divorce. 
    Si Theresa May a refusé l'instauration d'un système de 
points censé encadrer l'immigration, David Davis s'est efforcé 
d'apaiser les craintes de certains membres du Parti conservateur 
en assurant que le sujet restait une des principales priorités 
du gouvernement.   
    Selon lui, la diminution de l'immigration n'aura pas 
forcément d'impact sur l'accès au marché unique européen. 
    "Comme l'a très clairement indiqué la Première ministre, 
nous ne tenterons pas de rester dans l'Union européenne en 
douce", a déclaré David Davis, balayant l'idée d'organiser un 
deuxième référendum. 
    "Cela veut dire obtenir le meilleur accord pour la 
Grande-Bretagne, un accord sur mesure pour la Grande-Bretagne et 
pas une solution "standard". Cela veut dire contrôler le nombre 
de personnes qui se rendent en Grande-Bretagne depuis l'Europe, 
mais également une solution positive pour ceux qui veulent 
vendre des biens et des services." 
     
    SOUPLESSE DE L'UE ? 
    Accusé par l'opposition de tergiverser, David Davis a laissé 
entendre que le Royaume-Uni n'aurait pas grand-chose à perdre à 
réclamer au Bloc qu'il accepte les revendications britanniques, 
malgré les mises en garde de Bruxelles qui exige que la 
Grande-Bretagne respecte les quatre grands principes européens 
-- et notamment celui de la libre circulation des personnes -- 
pour avoir accès au marché unique. 
    Une membre du Parti conservateur, dont David Davis est issu, 
a regretté le ton résolument optimiste du ministre, estimant 
qu'il ne suffirait pas à éclairer les Britanniques sur les 
retombées du Brexit. 
    "Nous ignorons encore tout des projets du gouvernement après 
la déclaration de David Davis. Son optimisme ne suffit pas et la 
phrase "le Brexit, c'est le Brexit", a déjà dépassé sa date de 
péremption", a déclaré Anna Soubry, qui avait fait campagne pour 
le maintien du Royaume-Uni dans l'Union. 
    David Davis qui s'exprimait devant la Parlement pour la 
première fois depuis qu'il a été désigné à son poste, a dit 
penser que l'Union européenne ferait preuve de souplesse avec la 
Grande-Bretagne car elle n'a selon lui pas intérêt à entraver le 
commerce. 
    Le ministre a enfin indiqué qu'il faudrait du temps pour 
qu'émergent les positions de la Grande-Bretagne, ajoutant que le 
gouvernement discutait avec les entreprises, grandes et petites, 
pour évaluer les risques secteur par secteur, notamment dans 
l'industrie financière. 
 
 (Elizabeth Piper et Kylie MacLellan,; Nicolas Delame pour le 
service français) 
 
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