Londres se dit ferme face à l'UE, Cameron en tournée européenne

le , mis à jour à 12:02
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LONDRES, 28 mai (Reuters) - L'Union européenne doit réformer ses traités fondateurs pour prendre en compte la volonté de réformes de Londres si elle veut convaincre les électeurs britannique de ne pas quitter le bloc, a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères, Philip Hammond. Le chef de la diplomatie britannique s'exprimait alors que le Premier ministre David Cameron entame une tournée européenne de deux jours au cours de laquelle il espère convaincre d'autres dirigeants européens de soutenir le projet de réforme qu'il a promis d'élaborer avant de soumettre à référendum le maintien du Royaume-Uni au sein de l'Union. "Si nos partenaires ne sont pas d'accord avec nous, ne travaillent pas avec nous pour élaborer ce plan (de réformes), alors nous ne pouvons rien exclure", a-t-il déclaré à la BBC. David Cameron était attendu au Danemark pour un déjeuner de travail avec la Première ministre Helle Thorning-Schmidt avant des entretiens aux Pays-Bas avec Mark Rutte puis un entretien suivi d'un dîner de travail à l'Elysée avec François Hollande. Vendredi, il doit rencontrer la Première ministre polonaise Ewa Kopacz à Varsovie et la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin. Le Premier ministre conservateur réclame notamment une modification des règles sur les prestations sociales pour endiguer ce qu'il qualifie de "tourisme social". Il veut ainsi que les migrants en provenance d'autres pays de l'Union européenne justifient de quatre années de présence sur le sol britannique avant d'être éligibles à un ensemble d'avantages sociaux. Il souhaite aussi pouvoir expulser des Européens demandeurs d'emploi après six mois de chômage. PARIS PARLE D'UN PROJET "TRÈS RISQUÉ" Certains pays européens, comme la France, ont prévenu qu'ils n'avaient pas l'intention de s'engager dans une procédure de modification des traités européens pour satisfaire ces demandes. Jeudi, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a jugé dangereuse la volonté d'organiser un référendum sur l'appartenance de la Grande-Bretagne au bloc communautaire. ID:nL5N0YJ19Z "Il a lancé ce projet de référendum, c'est quelque chose de très risqué", a dit Laurent Fabius sur France Inter. "Evidemment, la population britannique qui a été habituée à ce qu'on lui dise 'l'Europe c'est une mauvaise chose, l'Europe c'est une mauvaise chose', le jour où elle va être consultée, il y a un risque qu'elle dise : 'vous nous l'avez dit, l'Europe c'est une mauvaise chose", a-t-il ajouté. "S'il s'agit de démembrer l'Union européenne, ce ne sera pas possible et là-dessus, nous avons l'intention de consulter étroitement avec nos amis allemands, de travailler avec la Commission, avec les autres. Si ça peut être un progrès, pourquoi pas, mais si c'est pour un démembrement, non." Selon un document que Reuters a pu consulter, Paris et Berlin semblent vouloir allumer un contre-feu en élaborant un projet visant un renforcer la coopération entre les 19 pays de la zone euro sans toucher aux traités existants. (Andrew Osborne,; Nicolas Delame pour le service français, édité par Marc Angrand)

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