Londres reporte encore sa décision sur l'extension d'Heathrow

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    par Kate Holton 
    LONDRES, 10 décembre (Reuters) - Le gouvernement britannique 
a une nouvelle fois reporté jeudi sa décision sur l'extension 
éventuelle de l'aéroport de Londres-Heathrow, suscitant la 
colère de responsables du monde de l'entreprise qui ont accusé 
David Cameron de sacrifier les intérêts à long terme du pays sur 
l'autel de la politique politicienne. 
    Le Premier ministre s'était engagé à dire avant la fin de 
l'année s'il soutiendrait la construction d'une troisième piste 
à Heathrow, un projet à 23 milliards de livres (32 milliards 
d'euros) qui revient comme un serpent de mer depuis 25 ans, 
comme l'a recommandé une commission indépendante cet été au 
terme de trois années de réflexion. 
    Dans un communiqué, le gouvernement dit vouloir une nouvelle 
étude sur l'impact environnemental avant de prendre une décision 
dans ce dossier qui divise son parti. 
    Un report d'environ six mois signifie que la décision finale 
pourra attendre l'élection à la mairie de Londres en mai, alors 
que le candidat conservateur et le maire en exercice Boris 
Johnson sont l'un et l'autre vivement opposés à l'agrandissement 
d'Heathrow, dans l'ouest londonien densément peuplé.  
    "Les dirigeants d'entreprise vont s'arracher les cheveux en 
apprenant que la décision sur l'extension des capacités 
aéroportuaires du Royaume-Uni a encore une fois été reportée", a 
déclaré Simon Walker, directeur général de l'Institute of 
Directors, dans un communiqué. 
    En 2009, pendant sa campagne électorale, David Cameron avait 
exclu la construction d'une nouvelle piste à Heathrow, 
promettant qu'il n'y aurait "pas de si et pas de mais". Une 
décision contraire de son gouvernement pourrait le fragiliser 
politiquement. 
     
    IMPACT ENVIRONNEMENTAL 
    "Il faut clairement agrandir mais il est tout aussi 
important de prendre la bonne décision qui bénéficiera aux 
générations futures", a déclaré le ministre des Transports 
Patrick McLoughlin. "Nous allons faire plus d'études sur 
l'impact environnemental, qu'il s'agisse de la qualité de l'air, 
du bruit ou du carbone." 
    Dans l'opposition, le Parti travailliste a accusé Cameron 
d'être plus concerné par des calculs politiques que par 
l'environnement et le Parti national écossais a affirmé que le 
Premier ministre se "dégonflait". 
    La question de l'impact environnemental avait été soulevée 
il y a quelques jours par une commission parlementaire qui 
demandait que l'autorisation d'extension ne soit donnée que sous 
certaines conditions, y compris une interdiction des vols de 
nuits et des engagements sur la qualité de l'air. 
    L'aéroport d'Heathrow s'est dit certain de pouvoir remplir 
ces conditions alors que son rival du sud, Gatwick, lui aussi 
désireux de s'agrandir, a jugé que le grand aéroport de l'ouest 
londonien n'était plus une option viable. 
    Heathrow, qui opère à pleine capacité, affirme que la 
construction d'une nouvelle piste apporterait 100 milliards de 
livres à l'économie britannique et permettrait la création de 
plus de 120.000 emplois. Les organisations patronales estiment 
que l'extension de l'aéroport est vitale si Londres veut se 
maintenir à hauteur de Paris ou d'Amsterdam dans l'établissement 
de liens avec les marchés émergents. 
    "Nous avons un besoin urgent d'accroître les capacités 
aéroportuaires pour stimuler les échanges, l'investissement et 
la création d'emplois", a déclaré Carolyn Fairbairn, de la 
Confédération de l'industrie britannique (CBI). "On ne doit pas 
tomber dans le travers de toujours commander de nouvelles études 
au lieu de prendre les décisions difficiles qui s'imposent." 
 
 (Véronique Tison pour le service français) 
 
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