Londres réorganise la BBC, la veut plus différente

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    LONDRES, 12 mai (Reuters) - Pour la première fois de son 
histoire, vieille de 94 ans, la BBC sera soumise à une autorité 
de régulation externe, selon un projet de réforme dévoilé jeudi 
par Londres qui préserve en grande partie l'indépendance de la 
radio-télévision publique britannique. 
    Dans ce livre blanc, l'exécutif souhaite que la BBC se 
distingue davantage de ses concurrentes et évite de singer les 
radios ou télévisions commerciales.  
    L'actuel conseil directeur de la BBC, le BBC Trust, sera 
remplacé par un nouveau conseil d'administration comptant 
jusqu'à 14 membres, dont la majorité sera nommée par la BBC et 
six membres par le gouvernement.  
    Le BBC Trust a fait l'objet de sévères critiques ces 
dernières années, notamment dans la gestion de l'affaire Jimmy 
Savile, du nom d'un ancien animateur star de la BBC, mort en 
2011, et accusé post-mortem de multiples agressions sexuelles. 
    La régulation externe sera exercée par l'Ofcom, l'organisme 
qui contrôle déjà les radios et télévisions privées. 
    Le salaire des vedettes de la BBC touchant plus de 450.000 
livres (570.000 euros) par an sera rendu public et le National 
Audit Office, qui vérifie les dépenses du parlement, contrôlera 
les livres de compte de la BBC. 
    La radio-télévision britannique touche 3,7 milliards de 
livres grâce à la redevance annuelle de 145,50 livres versée par 
les foyers britanniques équipés de téléviseurs et les chaînes 
privées dénoncent une distorsion de concurrence.   
    Avant la publication du livre blanc, des journaux avaient 
laissé entendre que le ministre de la Culture, John 
Whittingdale, envisageait de demander à la BCC de supprimer 
certaines de ses émissions les plus populaires qui rivalisent 
avec celles des chaînes privées sur les créneaux les plus 
regardés de l'année, provoquant une levée de boucliers de la 
part de certains acteurs, programmateurs et animateurs.  
    Mais devant la Chambre des communes, John Whittingdale a 
tenu à lever ces inquiétudes qui reposaient uniquement, selon 
lui, "sur une spéculation hystérique de la part de cabotins 
d'extrême gauche". "En réalité, ce que le gouvernement propose a 
été largement salué, entre autres, par la BBC", a-t-il ajouté.  
    Maria Eagle, responsable de la culture pour le Parti 
travailliste, a déclaré que les "propositions les plus 
violentes" de John Whittingdale avaient été abandonnées, 
laissant entendre que le Premier ministre David Cameron y était 
pour quelque chose.  
 
 (Paul Sandle, Michael Holden; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
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