Londres promet davantage d'autonomie à l'Ecosse

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(Actualisé avec réaction indépendantistes §11-14) par Kylie MacLellan LONDRES, 7 septembre (Reuters) - Le gouvernement britannique travaillait dimanche à trouver une réponse à l'inversion de tendance qui, selon un sondage, laisse entrevoir une possible victoire des partisans de l'indépendance en Ecosse lors du référendum prévu le 18 septembre. Au lendemain de la publication d'une enquête d'opinion de l'institut YouGov pour le Sunday Times donnant 51% des intentions de vote aux indépendantistes, le ministre britannique des Finances George Osborne a annoncé la présentation dans les prochains jours d'un plan accordant d'avantage d'autonomie à l'Ecosse. "Vous verrez dans les prochains jours un plan d'action pour donner davantage de compétences à l'Ecosse, davantage de compétences en matière fiscale, davantage de compétences en matière de dépenses, davantage (...) de compétences en matière d'Etat providence et (...) il entrera en vigueur dès lors que le 'non' l'emportera au référendum", a dit George Osborne à la télévision de la BBC. Ce plan fait l'objet d'un accord entre les trois grands partis représentés au Parlement britannique, a assuré le ministre des Finances. Selon lui, en conservant l'Acte d'Union qui lie l'Ecosse et l'Angleterre depuis 1707, les électeurs écossais seront gagnants "sur les deux tableaux". "Ils éviteront le risque d'une séparation et ils auront un contrôle accru sur leur avenir, ce qui est je pense ce que veulent de nombreux Ecossais", a commenté Osborne. Ces déclarations du ministre des Finances font écho à la fois à celles du Premier ministre David Cameron mais également à celles du député travailliste Gordon Brown qui a expliqué vendredi qu'il soutiendrait une autonomie accrue de l'Ecosse si elle renonçait à l'indépendance. GUERRE ÉCLAIR Après plusieurs mois au cours desquels le rejet d'une sortie du Royaume-Uni a été largement en tête des enquêtes d'opinion, la tendance s'est brusquement inversée en quelques semaines. "Au cours des quatre dernières semaines, le soutien à l'union s'est amenuisé avec une rapidité étonnante", a commenté Peter Kellner, président de YouGov. "La campagne du 'oui' n'a pas seulement envahi le territoire du 'non', elle a mené une guerre éclair", a-t-il précisé. Kellner juge que l'avance de deux points d'indice en faveur du "oui" n'est pas suffisante pour disposer d'une certitude sur l'issue du scrutin. "Mais le fait que l'on ne sache pas qui va l'emporter constitue en soi quelque chose de remarquable", note-t-il. Nicola Sturgeon, vice-présidente du Parti national écossais (SNP) qui prône l'indépendance, a qualifié le sondage de YouGov de "moment très significatif" et a refusé la main tendue par le gouvernement britannique. "Je ne pense pas que les gens vont prendre cette proposition au sérieux. Si les autres partis avaient vraiment voulu faire quelque chose pour accroître les pouvoirs, des mesures concrètes auraient été prises avant aujourd'hui", a-t-elle dit à la chaîne de télévision Sky. Pour Alex Salmond, leader du SNP, la proposition faite par George Osborne est un acte de "panique". "Ils n'ont pas réussi à faire peur aux Ecossais, maintenant ils essaient de nous acheter", a-t-il déclaré à la BBC. "Cela ne marchera pas non plus parce que les gens ont compris qu'ils pouvaient prendre en main l'avenir de ce pays". (Kylie MacLellan et William Schomberg; Bertrand Boucey et Pierre Sérisier pour le service français)

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