Londres pourrait vendre des parts RBS, à perte, en 2014

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LONDRES POURRAIT VENDRE DES PARTS RBS, À PERTE, EN 2014
LONDRES POURRAIT VENDRE DES PARTS RBS, À PERTE, EN 2014

par Matt Scuffham et Saad Elqersh

LONDRES (Reuters) - Royal Bank of Scotland a déclaré vendredi que l'Etat britannique risquait de subir une perte lorsqu'il commencerait à se désengager de son capital, éventualité qui pourrait se matérialiser dès l'an prochain.

De leur côté, des sources proches du gouvernement ont dit que Londres ne comptait pas céder des parts dans RBS ou dans Lloyds Banking Group dans l'immédiat mais qu'une vente était envisageable l'an prochain.

La décision sera fonction, entre autres facteurs, des performances boursières des deux banques et de la volonté ou pas de l'Etat de vendre éventuellement à perte, ont ajouté les sources.

Londres a injecté 45,5 milliards de livres (54 milliards d'euros) dans RBS pour la maintenir à flot durant la crise financière de 2008, moyennant 82% de son capital. Et pour l'instant, l'Etat doit composer avec une perte latente de 18,5 milliards de livres.

Le président de RBS, Philip Hampton, a expliqué vendredi que l'objectif était de remettre la banque sur les rails afin qu'elle soit en mesure, en coordination avec les pouvoirs publics, d'engager les procédures permettant d'envisager une cession à partir du début du second semestre 2014. "Cela pourrait se faire plus tôt; c'est du ressort du gouvernement", a-t-il dit.

Londres entend bien sortir à terme du capital de RBS, qui a publié vendredi son premier bénéfice trimestriel en un an et demi, mais pas à n'importe quel prix pour le contribuable.

Lloyds, dont l'Etat possède 39% du capital, pourrait être plus facile à vendre car elle a annoncé mardi un bénéfice en forte hausse au premier trimestre, propulsant l'action non loin de niveaux auxquels une cession pourrait être neutre pour les finances publiques.

Le directeur général de RBS, Stephen Hester, estime pour sa part que le risque de perte est bien réel, au moins au début, au vu du cours déprimé de l'action et du durcissement du cadre réglementaire. Mais il assure qu'à long terme, le contribuable britannique s'y retrouvera.

"Démarrer à un prix plus bas peut se défendre légitimement mais je pense que le prix de vente moyen peut et doit dépasser le prix d'achat de l'Etat", a-t-il dit à la presse.

L'action RBS perdait près de 6% à 289,9 pence en milieu de journée, bien en deçà du prix de 407 pence que Londres considère comme son prix d'entrée.

RATIO BÂLE III DE 9% VISÉ FIN 2013

Stephen Hester a supervisé des cessions d'actifs représentant dans les 900 millions de livres et entend recentrer la banque sur le crédit aux ménages et aux PME.

"Nous pensons que nous aurons bouclé l'essentiel de la phase de restructuration de la banque en 2014. Nous observons un début de reprise de la demande de crédit et disposons d'un solide excédent de fonds disponibles pour soutenir la reprise économique", a-t-il encore déclaré.

RBS a enregistré un bénéfice avant impôt de 826 millions de livres (981,6 millions d'euros) au premier trimestre, légèrement supérieur aux 800 millions attendus en moyenne par les analystes. Lors du premier trimestre 2012, le groupe bancaire avait subi une perte de 1,5 milliard de livres.

Le bénéfice d'exploitation de la division marchés a chuté de 66% à 278 millions de livres. Les actifs de la division ont fondu de 23% en un an et ses effectifs de 2.000 postes.

La banque estime que ses charges d'exploitation seront inférieures au consensus des analystes (13,2 milliards de livres) cette année et elle compte encore réduire ses coûts en 2014 et en 2015.

Le résultat de la division banque d'investissement a été inférieur aux attentes et l'année devrait être "sans relief" pour elle dans la mesure où la banque réduit son risque et limite cette activité au seul marché obligataire.

RBS, qui doit vendre 315 agences en Grande-Bretagne pour respecter les exigences de la Commission européenne, a dit qu'elle s'employait à les introduire en Bourse, tout en se disant ouverte à toute autre proposition.

Le sort de ces agences, qui seraient regroupées sous l'enseigne Williams & Glyn's, fait actuellement l'objet de discussions avec des investisseurs éventuels.

Il reste de fait à la banque bien des obstacles à surmonter. Le régulateur britannique a ainsi dit en mars que les banques locales devaient lever 25 milliards de livres de fonds propres supplémentaires d'ici la fin de l'année pour absorber toute perte future sur les crédits. Les analystes pensent que de ce point de vue, le déficit le plus important à combler incombe à RBS.

La banque a précisé vendredi que son ratio de solvabilité "Tier 1" avait augmenté de 50 points de base à 10,8%. Elle vise un ratio de 9% en fin d'année sur la base des règles de Bâle III. Le régulateur britannique veut que les grandes banques arrivent à un ratio de 7% au moins.

Julien Dury et Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Angrand

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