Londres ne peut plus être la place financière européenne-Fillon

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    * Pour Fillon, Francfort tient aujourd'hui la corde 
    * L'ex-Premier ministre demande aussi un renforcement de 
l'euro 
 
    PARIS, 26 juin (Reuters) - L'ex-premier ministre François 
Fillon, candidat à l'investiture du parti Les Républicains (LR) 
pour l'élection présidentielle de 2017, souhaite que la France 
réforme rapidement sa fiscalité pour remplacer Londres en tant 
que place financière de l'Europe. 
    Le vote des Britanniques en faveur d'une sortie du 
Royaume-Uni de l'Union européenne pose la question du devenir de 
Londres en tant que place financière de l'Europe. 
    "C'est une bataille qu'il faut absolument mener. La 
Grande-Bretagne ne peut pas garder le bénéfice du passeport 
financier qui permet aux banques britanniques d'avoir les mêmes 
droits que les banques européennes dans l'espace européen", a 
dit François Fillon lors du Grand Rendez-vous Europe 1-Le 
Monde-iTELE. 
    "Les Britanniques ont pris une décision qui engage leur 
avenir. Nous ne pouvons pas accepter que cette décision n'ait 
pas d'effet sur la place financière de Londres", a-t-il ajouté. 
    L'ex-Premier ministre ne doute pas qu'une partie au moins de 
la place londonienne déménagera, les destinations les plus 
plausibles étant aujourd'hui Paris et, surtout, Francfort. 
    "Je pense que Francfort est aujourd'hui, pour toute une 
série de raisons et en particulier en raison de la politique 
allemande et du sérieux de la politique économique allemande, 
une destination probable", a dit François Fillon. 
    A moins que la France démontre "dans un délai très court" 
que Paris peut accueillir une place financière européenne.  
    Pour François Fillon, une des principales conditions est que 
la France procède aux réformes fiscales et réglementaires qui 
permettent ce transfert dans de bonnes conditions. 
     
    RENFORCER L'EURO 
    Ce qui vaut pour les activités financières vaut aussi pour 
les autres activités économiques, a-t-il fait valoir. 
    "Il ne suffit pas de dire qu'on déroule le tapis rouge", 
a-t-il expliqué. "Tant qu'on a une fiscalité de l'investissement 
en France qui est totalement confiscatoire et qui conduit à 
laisser notre pays progressivement se faire racheter par les 
fonds de pension anglo-saxons, il n'y a aucune chance que le 
tapis rouge que nous déroulerons soit accueillant." 
    Pour François Fillon, la priorité pour les Européens, après 
le vote en faveur du brexit, est par ailleurs de renforcer la 
zone euro, notamment pour enrayer l'influence dominante du droit 
américain sur l'économie européenne. 
    "Il n'y a qu'une seule façon de stopper ça, c'est d'avoir 
(...) un euro qui soit une monnaie de réserve et une monnaie de 
réglementé", a-t-il expliqué. 
    "Ce que je réclame, c'est que chacun reste chez soi, que les 
Etats-Unis s'occupent de leurs affaires et l'Europe des siennes 
(...) Ça suppose d'avoir une monnaie européenne qui assure notre 
indépendance face au dollar", a-t-il ajouté. 
    Pour ce faire, François Fillon juge nécessaire une 
harmonisation fiscale de la zone euro, au moins au niveau de la 
fiscalité des entreprises, ainsi que la constitution d'un 
"gouvernement de la zone euro". 
    Selon lui, un nouveau traité n'est pas nécessaire. En tout 
état de cause, "on est très très très loin aujourd'hui d'être 
capable de négocier un nouveau traité", a-t-il ajouté, prenant 
le contre-pied de l'ancien président Nicolas Sarkozy, son rival 
dans la course à l'élection présidentielle. 
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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