Londres menacée par la prolifération des tours

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La ville horizontale ne cesse de prendre de la hauteur, avec 263 projets d'immeubles de grande hauteur dans les tuyaux. Des riverains dénoncent l'impact sur la vie de leurs quartiers.

Londres va-t-elle bientôt ressembler à Dubaï ou Singapour? Le nombre de tours en construction dans la capitale britannique a augmenté de 56% l'an dernier, pour atteindre 70 chantiers. Au total, 263 projets sont dans les tuyaux. Naguère concentrées dans la City et Canary Wharf, les quartiers d'affaires, les tours se dispersent dans le reste de la ville. Il y a eu The Shard de Renzo Piano, plus haut bâtiment d'Europe occidentale (79 étages) au sud de la Tamise, dont les plateaux de bureaux restent en grande partie vides trois ans après l'inauguration. A Nine Elms, un quartier d'anciennes friches industrielles en face de Westminster, deux projets de 29 étages viennent de recevoir des permis de construire. L'association de défense du patrimoine English Heritage dénonce cette menace sur le paysage de la ville et son attractivité pour les touristes.

Dans l'East End, le maire du borough de Hackney, Jules Pipe, a lancé une campagne contre deux projets de 47 et 43 étages du promoteur Hammersons en plein Shoreditch, le quartier branché, autrefois underground, qui abrite start-ups, ateliers artistes ou designers, boutiques et bars indépendants. Les tours risquent de jeter une ombre permanente sur les anciens entrepôts reconvertis, dont le très tendance club privé Shoreditch House avec sa piscine sur le toit. «Je ne suis pas contre les immeubles hauts par principe, argumente l'édile, mais il faut tenir compte du contexte. Ceux d'Hammersons pour ce site sont trop grands, trop près de la route et vont affecter le caractère et l'écosystème local.» Il craint que l'arrivée de ces résidences de luxe ne fasse fuir les jeunes créatifs qui vivent et travaillent dans le coin.

Une clientèle internationale de luxe

La grande majorité de ces tours sont à vocation résidentielle et visent une clientèle internationale de luxe attirée par l'essor continu des prix londoniens pour investir. C'est le résultat d'une bulle spéculative de ces dernières années. Les 15.000 logements en construction dans ces projets équivalent ainsi à quatorze ans d'offre résidentielle haut-de-gamme à Londres, malgré un ralentissement de la demande.

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