Londres et Bruxelles entament leur procédure de divorce

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    * Lancement formel de la procédure de divorce 
    * Barnier dit vouloir dissiper les incertitudes provoquées 
par le Brexit 
    * Davies souhaite un partenariat "nouveau, étroit et 
spécial" 
    * Londres aborde les discussions alors que Theresa May 
apparaît plus fragile que jamais 
 
 (Actualisé avec ouverture des discussions) 
    par Alastair Macdonald et Elizabeth Piper 
    LONDRES, 19 juin (Reuters) - Le ministre britannique chargé 
du Brexit, David Davis, ouvre ce lundi formellement avec 
Bruxelles les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de 
l'Union européenne qui fixeront les termes du divorce et 
dessineront les contours de leurs futures relations. 
    Près d'un an après le référendum du 23 juin, et près de 
trois mois après le déclenchement par la Première ministre 
britannique Theresa May d'un compte à rebours de deux ans, 
l'issue de ces discussions n'a jamais paru aussi incertaine. 
    Confrontée aux turbulences politiques qu'elle a provoquées 
en organisant des élections législatives anticipées qui l'ont 
privée de majorité absolue, Theresa May n'est pas assurée de 
pouvoir mener à terme ce Brexit qu'elle avait promis de conduire 
avec fermeté. 
    "L'objectif des négociations est en premier lieu de dissiper 
les incertitudes provoquées par le Brexit", a expliqué lundi le 
négociateur en chef de l'Union européenne, Michel Barnier qui a 
dit espérer qu'un calendrier des négociations soit établi dès ce 
lundi. 
    Le secrétaire britannique au Brexit, David Davies, a de son 
côté dit vouloir un partenariat "nouveau, étroit et spécial" 
avec l'Union européenne. 
    Les deux hommes doivent s'entretenir plusieurs durant et 
tenir ensuite une conférence de presse. 
    Les diplomates européens espèrent que cette première 
réunion, suivie d'un sommet européen prévu jeudi à Bruxelles, 
permettra d'apaiser un climat alourdi par des échanges musclés. 
     
    MAY FRAGILISÉE 
    Il y a encore quelques semaines, personne n'imaginait que 
Theresa May puisse se présenter aussi affaiblie devant ses 
homologues européens. C'était compter sans une crise politique 
majeure qu'elle a elle-même provoquée en convoquant des 
élections législatives anticipées. 
    Loin de lui apporter le mandat populaire clair que lui 
promettaient les sondages initiaux, ce scrutin a vu le Parti 
conservateur perdre sa majorité absolue, le plaçant à la merci 
d'une alliance avec les extrémistes du Parti unioniste 
démocratique (DUP) d'Irlande du Nord pour se maintenir au 
pouvoir. 
    Au terme d'une campagne unanimement jugée désastreuse, la 
déconvenue électorale a été telle que la stratégie du "Brexit 
dur" de Theresa May est publiquement critiquée par certains de 
ses ministres, parlementaires et alliés au moment d'entamer les 
négociations. 
    Mais c'est surtout dans le flou le plus total que Londres 
entame ces négociations cruciales pour son avenir, l'autorité de 
Theresa May, déjà ébranlée par son pari électoral perdu, l'ayant 
été un peu plus par sa gestion calamiteuse de l'incendie qui a 
fait au moins 58 morts dans une tour HLM de Londres cette 
semaine. 
    Le ministre des Finances, Philip Hammond, qui avait milité 
pour le maintien dans l'UE pendant la campagne référendaire, a 
appelé dimanche à une transition en douceur afin d'éviter que la 
sortie du marché unique et de l'Union douanière ne s'apparente à 
un "saut du haut de la falaise". 
 
 (Tangi Salaün, Henri-Pierre André, Nicolas Delame pour le 
service français, édité par Marc Joanny) 
 
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  • M7361806 il y a 5 mois

    Content de vous avoir connus, surtout ne revenez pas !