Londres donne le feu vert à un projet nucléaire d'EDF

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FEU VERT BRITANNIQUE À UN PROJET DE CENTRALE NUCLÉAIRE D'EDF
FEU VERT BRITANNIQUE À UN PROJET DE CENTRALE NUCLÉAIRE D'EDF

par Karolin Schaps

LONDRES (Reuters) - EDF a obtenu mardi le feu vert du gouvernement britannique à un projet de construction d'une nouvelle centrale nucléaire qui pourrait être la première à ouvrir au Royaume-Uni depuis près de 20 ans.

Le groupe français, principal acteur du marché britannique de l'électricité nucléaire depuis le rachat de British Energy en 2009, attend toutefois, avant de prendre une décision définitive sur le projet d'Hinkley Point, la fin des discussions avec les pouvoirs publics sur les prix de l'électricité.

Ces discussions, confidentielles, devraient s'achever avant la fin du mois. EDF espère aboutir à un accord lui assurant des prix stables pour l'électricité produite par des centrales à faibles émissions de CO2, donc un niveau minimum de rentabilité couvrant les investissements initiaux.

L'autorité nationale britannique avait recommandé en décembre au gouvernement l'approbation du projet, un investissement de plusieurs milliards de livres qui, selon le ministre de l'Energie Edward Davey, doit permettre de produire assez d'électricité pour alimenter l'équivalent de cinq millions de foyers, ce qui en ferait l'une des principales centrales du Royaume-Uni.

"Ce projet s'ajoute à un certain nombre de nouveaux projets énergétiques approuvés depuis mai 2010, qui incluent des champs d'éoliennes, de la biomasse et des centrales électriques à gaz", a rappelé Edward Davey dans un communiqué au parlement publié mardi.

EDF DISCUTE AVEC LE CHINOIS CGNPC

En accordant au nucléaire une part importante de son approvisionnement en énergie pour les décennies à venir, le Royaume-Uni se distingue de pays comme l'Allemagne ou la Suisse, qui ont opté pour l'abandon progressif de l'atome depuis la catastrophe de Fukushima, au Japon, en mars 2011.

Le projet d'Hinkley Point, dans le comté du Somerset, prévoit la construction de deux réacteurs de type EPR d'une capacité cumulée de 3.260 mégawatts, non loin d'une centrale existante déjà exploitée par EDF.

Le groupe prévoit que le projet créerait 25.000 emplois pendant la construction et 900 emplois permanents pendant l'exploitation de la centrale, censée durer 60 ans.

Le groupe britannique Centrica s'est retiré du dossier le mois dernier, arguant d'incertitudes sur les coûts et le calendrier.

EDF a par ailleurs confirmé discuter avec le chinois China Guangdong Nuclear Power Company (CGNPC) sur son programme de développement nucléaire au Royaume-Uni.

Le dernier réacteur nucléaire mis en exploitation sur le sol britannique l'a été en 1995 à Sizewell, dans le Suffolk, où EDF envisage aussi de construire deux nouveaux EPR.

Le groupe français exploite huit des neuf centrales nucléaires du pays.

Le conglomérat japonais Hitachi prévoit lui aussi de construire des réacteurs nucléaires en Grande-Bretagne mais son projet est moins avancé que celui d'EDF.

Avec Henning Gloystein, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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