Londres discute avec des repreneurs potentiels de Tata Steel UK

le
0
    LONDRES, 5 avril (Reuters) - Le gouvernement britannique a 
entamé mardi des négociations avec des repreneurs potentiels des 
activités britanniques déficitaires du sidérurgiste indien Tata 
Steel, dont la cession annoncée pourrait menacer 15.000 emplois. 
    Accusé par l'opposition de s'être "endormi au volant" 
lorsque Tata Steel a annoncé la semaine dernière la mise en 
vente de la totalité de ses activités au Royaume-Uni, le Premier 
ministre David Cameron a réuni ses ministres mardi pour débattre 
des options envisageables.  
    Son ministre des Entreprises, Sajid Javid, devait partir en 
fin de journée pour Bombay, où il a prévu de rencontrer le 
président de Tata, Cyrus Mistry.  
    Avant son départ, il devait s'entretenir avec l'un des 
candidats potentiels à la reprise, Sanjeev Gupta, le directeur 
général de Liberty Group, une société spécialisée dans les 
matières premières présente en Asie, en Afrique et en 
Grande-Bretagne et qui dispose déjà d'une capacité de production 
d'acier dépassant trois millions de tonnes par an.  
    Le gouvernement n'a pas précisé avec quels autres candidats 
à la reprise il prévoyait de discuter mais Javid a déclaré à la 
chaîne de télévision Sky News que "lorsque les acheteurs se 
présenteront, nous serons prêts à travailler avec eux".  
    Liberty Group n'a pas encore procédé à l'étude approfondie 
des comptes de Tata Steel UK mais il estime que le principal 
site, celui de Port Talbot, au Pays de Galles, peut être sauvé à 
condition de remplacer ses hauts-fourneaux pour moderniser la 
production.  
    "Une bonne partie (des activités) sont déficitaires pour 
l'instant mais nous pensons qu'elles peuvent être redressées", a 
dit Gupta à la BBC.  
    Cadwyn Jones, le Premier ministre du Pays de Galles, a quant 
à lui déclaré que le gouvernement semblait disposé à discuter de 
solutions envisageables pour combler le déficit du régime de 
retraites de Tata Steel UK, l'une des principales charges de 
l'entreprise, ainsi que du coût de l'énergie, également cité par 
Tata comme l'un des facteurs motivant son retrait.  
    Les sidérurgistes britanniques souffrent de coûts de 
l'énergie et de taxes environnementales parmi les plus élevés au 
monde et mettent en cause les politiques mises en oeuvre par 
Londres pour favoriser les énergies "bas carbone" comme l'éolien 
ou le nucléaire.  
    Le gouvernement se défend en disant avoir compensé la 
majorité des surcoûts liés à ces politiques, estimant que la 
raison fondamentale des difficultés du secteur est la chute du 
prix de l'acier, favorisée par les surcapacités chinoises. 
    Le député conservateur Ian Duncan, en charge du dossier du 
prix du dioxyde de carbone, a proposé mardi de supprimer le prix 
plancher des droits d'émission de CO2 pour favoriser le secteur 
sidérurgique, un dispositif mis en place en 2013. 
     
 
 (Kate Holton et Susanna Twidale; Marc Angrand pour le service 
français, édité par Véronique Tison) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant