Londres croule sous les projets de gratte-ciel

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70 tours sont en construction dans la capitale anglaise. Bouygues va en bâtir une avec des appartements de luxe.

Bouygues prend l’Eurostar. Pour la première fois, le major français du BTP va construire une tour à Londres. Un gratte-ciel de 42 étages construit pour 340 millions d’euros dans l’est de la capitale anglaise, à Stratford, là où était installé le village olympique des athlètes en 2012. Par ailleurs, au début de l’année, Axa a acheté un terrain près de 400 millions d’euros au cœur de Londres pour y édifier d’ici à 2018 une tour qui, avec 60 étages, sera la plus haute du quartier d’affaires de la City.

Les projets d’immeuble de grande hauteur (IGH) se multiplient dans la capitale du Royaume-Uni. À Londres, 70 tours sont en construction et 230 projets ont déjà obtenu un permis de construire.Des opportunités à saisir pour les groupes français. «Nous étudions quatre ou cinq projets de grande taille avec l’objectif de nous positionner sur deux ou trois», explique Arnaud Bekaert, directeur général construction à Londres pour Bouygues.

Prix vertigineux

Une effervescence impressionnante, surtout quand on la compare à l’atonie à Paris: pour l’instant, le projet de la tour Triangle dans le XVe arrondissement est bloqué. Il a été retoqué par le conseil de Paris en novembre 2014. Un promoteur russe porte bien depuis six ans un projet à près de deux milliards d’euros de deux tours jumelles à La Défense mêlant logements, bureaux et hôtels, mais il n’y a aucune certitude que ce chantier débute un jour.

En fait, à Paris, il n’y a qu’une tour en construction: celle qui va accueillir en 2017 le nouveau Palais de justice aux Batignolles dans le XVIIe arrondissement. Un édifice de 40 étages (160 m) conçu par l’architecte-star Renzo Piano.

Paris se montre frileux avec les tours, car les gratte-ciel construits sur ses terres dans les années 1970 n’ont pas été de franches réussites: «Les Parisiens ont été traumatisés par la tour Montparnasse», résume l’architecte suisse Jacques Herzog qui, avec son compère Pierre de Meuron, a conçu le stade olympique de Pékin ou élaboré le projet de la tour Triangle.

Pendant que Paris faisait du surplace sur le sujet des tours, Londres a pris plusieurs longueurs d’avance. Suivant l’exemple de New York, la capitale anglaise a compris qu’une tour pouvait avoir d’autres usages que les bureaux. «La tour que nous construisons à Stratford accueillera des logements», explique Arnaud Bekaert. Exactement 248 appartements au dessus d’un hôtel de 150  chambres, d’un spa et de deux restaurants. Le Shard, le plus haut gratte-ciel d’Europe qui culmine à 310 m, comprend un hôtel de luxe Shangri-La, des appartements et des bureaux. Dans les 70 tours en construction, 14 800 logements sont prévus.

Des appartements de luxe dont les prix donnent le vertige. Au cœur de Londres, dans la tour One Tower Bridge qui a vue sur la Tamise, un deux-pièces est commercialisé plus de 1,4 million de livres (1,97 million d’euros). Et les prix ne baissent pas. En 2014, ils ont encore grimpé de 12,7 % à Londres. Du coup, la clientèle est constituée par des grandes fortunes du monde entier à la recherche de placements sécurisés. Cette frénésie de construction ne réduit pas la pénurie de logements abordables pour les simples salariés de Londres.

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  • dotcom1 le lundi 1 juin 2015 à 15:44

    Dire que Stratford est à Londres, alors que c'est à 16 km du centre-ville c'est comme si on disait qu'une tour parisienne était construite à Rosny sous Bois. La vérité, c'est que personne, pas même un Londonien, n'a envie d'une tour dans son voisinage!