Londres attend plus de dette, moins de croissance avec le Brexit

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    * La croissance attendue à 1,4% en 2017 et non plus à 2,2% 
    * La dette publique prévue à 90,2% du PIB en 2017-2018 
    * Le gouvernement veut préparer l'économie au Brexit 
 
 (Actualisé avec autres annonces sur le budget et les 
prévisions) 
    par William Schomberg et David Milliken 
    LONDRES, 23 novembre (Reuters) - La Grande-Bretagne devra 
s'endetter davantage que prévu en raison du ralentissement 
économique attendu après le vote en faveur d'une sortie de 
l'Union européenne, a annoncé mercredi le ministre des Finances, 
Philip Hammond, lors de la présentation au Parlement du premier 
projet de budget depuis la victoire du camp du Brexit en juin. 
    Les prévisions économiques exposées par le chancelier de 
l'Echiquier risquent de laisser peu de marges de manoeuvre au 
gouvernement de Theresa May pour accroître les dépenses 
publiques ou abaisser fortement l'impôt sur les sociétés dans 
l'espoir de limiter l'impact d'une sortie de l'UE. 
    La Grande-Bretagne devra emprunter au cours des cinq 
prochaines années 122 milliards de livres (143,5 milliards 
d'euros) de plus que prévu avant le référendum du 23 juin, a 
précisé Philip Hammond. La dette publique devrait atteindre un 
pic à 90,2% du produit intérieur brut (PIB) lors de l'année 
fiscale 2017-2018, a-t-il dit. 
    "Notre tâche désormais est de préparer notre économie à être 
résistante lors de notre sortie de l'UE et prête pour la 
transition qui suivra", a déclaré le ministre des Finances sous 
les acclamations des députés de son Parti conservateur. 
    Philip Hammond a jugé que le Brexit rendait "plus urgente 
que jamais la nécessité de s'attaquer aux faiblesses de notre 
économie comme le déficit de productivité". 
    A cette fin, le gouvernement prévoit de porter ses 
investissements dans les infrastructures dans une fourchette de 
1,0% à 1,2% du PIB à partir de 2020, contre 0,8% à l'heure 
actuelle, a-t-il annoncé. Le ministère des Finances a débloqué 
23 milliards de livres supplémentaires sur les cinq prochaines 
années pour des investissements dans le réseau ferroviaire, les 
télécoms et le logement. 
     
    SOUTIEN AUX MÉNAGES LES PLUS PAUVRES 
    L'Office for Budget Responsibility (OBR), l'organisme public 
qui établit les prévisions économiques servant de base au 
budget, prévoit désormais une progression du PIB britannique de 
1,4% en 2017, contre une précédente estimation de 2,2% en mars, 
et de 1,7% en 2018, contre 2,1% en mars. 
    Les prévisions du mois de mars avaient été établies sur 
l'hypothèse d'un vote favorable au maintien de la 
Grande-Bretagne dans l'Union européenne lors du référendum du 23 
juin. 
    Philip Hammond a souligné que, aux yeux de l'OBR, 
l'incertitude au sujet des futures relations commerciales de la 
Grande-Bretagne avec ses voisins de l'UE, qui absorbent près de 
la moitié de ses exportations, amputerait la croissance des 
années à venir de 2,4 points. 
    "Nous maintiendrons notre engagement en faveur de la 
discipline budgétaire tout en reconnaissant la nécessité 
d'investissements pour soutenir la productivité et de marges 
budgétaires pour soutenir l'économie durant la transition", a 
dit le ministre des Finances. 
    L'économie britannique a jusqu'à présent nettement mieux 
résisté au vote pour le Brexit que ne l'avaient anticipé la 
Banque d'Angleterre et la plupart des économistes. 
    La Grande-Bretagne devrait afficher un déficit public de 
près de 22 milliards de livres sur l'exercice 2019-2020, qui 
constituait encore tout récemment la date-butoir fixée par le 
prédécesseur de Philip Hammond, George Osborne, pour parvenir à 
l'équilibre, selon les prévisions de l'OBR. 
    "La Première ministre et moi-même restons fermement attachés 
à un retour des finances publiques à l'équilibre aussi rapide 
que possible (...) tout en laissant suffisamment de souplesse 
pour soutenir l'économie à court terme", a dit Philip Hammond. 
    Afin d'atténuer l'impact attendu sur les ménages les plus 
pauvres, le ministère des Finances a annoncé avant l'allocution 
de Philip Hammond que le gouvernement allait relever en avril le 
salaire horaire minimum à 7,50 livres, contre 7,20 livres 
actuellement, annuler partiellement les coupes prévues dans les 
prestations accordées aux faibles revenus et faciliter l'accès 
au logement pour les plus bas revenus. 
 
 (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Juliette 
Rouillon) 
 
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