Loïc Sécher touchera 797.352 euros pour sept années de prison

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LOÏC SÉCHER TOUCHERA PRÈS DE 800.000 EUROS POUR SES SEPT ANNÉES DE PRISON
LOÏC SÉCHER TOUCHERA PRÈS DE 800.000 EUROS POUR SES SEPT ANNÉES DE PRISON

RENNES (Reuters) - La cour d'appel de Rennes a fixé mardi à 797.352 euros les indemnités à verser à Loïc Sécher, qui avait passé sept ans et trois mois en prison pour des viols qu'il n'avait pas commis avant d'être blanchi en 2011 grâce à une procédure rarissime.

Ce montant est composé d'une somme de 600.000 euros pour le préjudice moral et de 197.352 euros d'indemnités matérielles, loin des 2,4 millions d'euros réclamés par ses avocats.

"Je ne me prononce pas sur le montant obtenu pour le préjudice moral", a déclaré Jean-Pierre Chesné, membre du comité de soutien aujourd'hui dissous de Loïc Sécher. "Mais pour 12 années sans activité, cela nous semble très léger."

Cet ouvrier agricole avait été acquitté en juin 2011 de l'accusation de viols sur mineure lors de son procès en révision, le septième seulement de ce type dans l'histoire du pays.

Le procès de cette erreur judiciaire à la cour d'assises de Paris a remis en cause certaines méthodes d'enquête et présupposés de la justice sur les accusations d'abus sexuels.

Condamné en appel à 16 ans de réclusion en 2004 pour viols sur mineure, Loïc Sécher a purgé plus de sept ans de détention mais a été libéré en avril 2010 après la décision de la Cour de cassation d'organiser un nouveau procès.

En l'acquittant, la présidente de la cour lui avait dit : "La cour et les jurés ont acquis la certitude qu'il n'y avait aucune charge contre vous, ce n'est pas un acquittement au bénéfice du doute".

L'affaire reposait sur les accusations d'une adolescente perturbée psychologiquement, qui s'est rétractée en 2007, et qui a répété à l'audience de Paris qu'elle avait menti.

Loïc Sécher, mis en cause et écroué une première fois en 2000, avait été condamné en première instance comme en appel en 2003 et 2004 pour viols et agressions sexuelles sur mineure.

L'adolescente avait répété d'abord ses accusations devant les gendarmes, le juge d'instruction et les deux cours d'assises. Une expertise psychiatrique la jugeant "crédible" était venue appuyer l'accusation.

Le procès a montré que des adultes, enseignants, gendarmes, psychiatres et parents, avaient en fait suggéré le nom de Loïc Sécher à la jeune fille, qui a accepté de jouer le rôle de la victime pour se libérer d'une situation d'embarras personnel où elle était dans son collège.

Loïc Sécher a aussi été victime de son homosexualité, assimilée à la pédophilie par un expert du dossier.

L'expertise de crédibilité des victimes a entretemps été en principe interdite du fait du scandale de l'affaire de pédophilie d'Outreau, où de fausses accusations jugées aussi crédibles par les experts avaient envoyé en prison 14 personnes finalement innocentées.

Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse

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