Loi Travail : tout ça pour ça

le , mis à jour à 08:07
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Loi Travail : tout ça pour ça
Loi Travail : tout ça pour ça

«J'irai jusqu'au bout !» C'était le 23 février, lorsque Manuel Valls, bravache, se disait prêt à réformer le marché du travail en dépit de la contestation sociale. Le Premier ministre brandissait même l'arme du 49-3 pour passer en force à l'Assemblée. On allait voir ce qu'on allait voir... Lundi, à Matignon, changement de ton. « Dans la démocratie, dialoguer, ce n'est ni reculer ni s'arc-bouter », plaide le chef du gouvernement.

Résultat, la nouvelle mouture de la loi El Khomri, rebaptisée loi Travail, ne ressemble plus beaucoup au texte initial. Le barème plafonnant les indemnités prud'homales ? Simplement « indicatif ». Exit aussi l'article qui permettait à un patron de PME d'imposer unilatéralement un forfait jours ou de moduler les astreintes. Ce sera impossible sans passer par un accord collectif. Machine arrière toute !

QUESTION DU JOUR. Loi Travail : les concessions du gouvernement vont-elles suffire à calmer la rue ?

Valls de 2016 ne sera pas le Juppé de 1995

A l'hostilité quasi générale des syndicats, d'une partie de la gauche et même de l'opinion se sont en effet ajoutés les cortèges de jeunes. « Il n'était pas possible de prendre des décisions unilatérales sur un texte de cette nature », explique Bruno Le Roux, le chef des députés PS, qui avait pointé « un problème » de méthode. Comme si, dès le départ, le gouvernement avait mis la charrue devant les bœufs. « Ah, si seulement on avait commencé par ce texte plus réaliste au lieu de dire J'irai jusqu'au bout ! » soupire un ministre. Sur France 2, hier soir, Manuel Valls a esquissé un mea culpa en admettant qu'il y avait eu des « ratés ».

Bref, le Valls de 2016 ne sera certes pas le Juppé de 1995 — droit dans ses bottes — face aux manifestants. Mais le réformateur qui se voulait inflexible s'est « hollandisé » à force de chercher la synthèse ! Quitte à donner une vague impression de deux pas en avant, ...

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