Loi Travail-Le gouvernement promet d'écouter les contestataires

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    * Le gouvernement dit "écouter" la mobilisation anti-loi 
Travail 
    * Les pistes évoquées par El Khomri ne touchent pas à 
l'essentiel 
    * La surcotisation des contrats courts déjà enjeu de 
négociations 
 
    PARIS, 10 mars (Reuters) - Myriam El Khomri a déclaré jeudi 
sur France Info que la surtaxation des contrats courts et la 
question des apprentis étaient bien des pistes envisagées pour 
tenter d'apaiser la contestation sur la réforme du Code du 
travail. 
    Au lendemain de manifestations qui ont rassemblé dans toute 
la France 224.000 personnes, selon le ministre de l'Intérieur, 
jusqu'à 500.000, selon les organisateurs, plusieurs membres du 
gouvernement ont promis d'"écouter" les contestataires. 
    La ministre du Travail a ainsi déclaré que la piste d'une 
augmentation des cotisations patronales d'assurance-chômage pour 
les contrats courts était "sur la table". Elle a cependant admis 
que cela relevait avant tout des partenaires sociaux eux-mêmes. 
    L'idée, avancée par les syndicats, est en effet en réalité 
déjà un des enjeux de leurs négociations avec le patronat sur 
une nouvelle convention d'assurance-chômage, engagées en 
février. (voir  ,   et  ) 
    Les partenaires sociaux ont déjà tenté de limiter l'abus des 
contrats très courts dans le cadre de leur accord 
interprofessionnel du 11 janvier 2013, retranscrit dans la loi 
du 14 juin 2013 sur la sécurisation de l'emploi. 
    Mais la surtaxation alors mise en place n'a pas suffi à 
enrayer la pratique de l'alternance accélérée de périodes de 
chômage indemnisé et de contrats très courts, parce que "plutôt 
modeste" et trop partielle, a estimé Myriam El Khomri. 
    "Aujourd'hui, on le voit, cette surcotisation n'a pas eu 
l'effet escompté, puisqu'on est quand même le deuxième pays 
utilisateur de l'Union européenne de contrats à durée déterminée 
(CDD) de moins d'un mois", a souligné la ministre du Travail. 
    "Donc, en effet, dans la discussion avec les partenaires 
sociaux sur la nouvelle convention assurance-chômage, cette 
question est posée sur la table (...) La proposition existe", 
a-t-elle ajouté. L'objectif étant, a-t-elle précisé, d'inciter 
les employeurs à recruter en contrats à durée indéterminée 
(CDI). 
     
    "MOBILISATION SÉRIEUSE" 
    La deuxième piste évoquée par la ministre concerne plus 
directement son projet de loi, dont ce n'est cependant pas un 
des principaux éléments.    
    Le texte prévoit que les apprentis de moins de 18 ans 
pourront travailler jusqu'à 10 heures par jour et 40 heures par 
semaine "à titre exceptionnel ou lorsque des raisons objectives 
le justifient", dans des secteurs déterminés par décret et après 
simple information de l'inspecteur et du médecin du travail. 
    "Aujourd'hui, cette réalité de la possibilité de travailler 
40 heures par semaine existe déjà (...) avec une autorisation de 
l'inspection du travail", a expliqué Myriam El Khomri. "Ce qui 
était proposé dans le projet de loi, c'était de rester à droit 
constant et de passer à un régime de déclaration." 
    "Cette question a provoqué des questionnements légitimes 
(...) et, en effet, c'est sur la table, pour retirer cette 
proposition", a ajouté la ministre du Travail. 
    Interrogée sur les manifestations de mercredi, qui n'a été 
qu'un premier coup de semonce, selon les syndicats et les 
organisations de jeunesse à l'origine de cette mobilisation, 
elle a admis que son texte suscitait des "inquiétudes". 
    "Je crois qu'il était important de répondre à certaines des 
critiques qui sont apportées à cet avant-projet de loi", 
a-t-elle dit. "Il y a une mobilisation, elle est là, il faut 
l'entendre (...) C'est le sens de la recherche d'un équilibre." 
    La ministre de l'Education nationale, Najat 
Vallaud-Belkacem, a pour sa part estimé sur France 2 que les 
manifestations d'étudiants et de lycéens constituaient une 
"mobilisation sérieuse qu'il faut écouter". 
    Elle a annoncé que le Premier ministre, Manuel Valls, 
recevrait dans les prochains jours les organisations de jeunesse 
qui contestent le projet de réforme du Code du travail, comme 
les syndicats étudiants et lycéens Unef, Fidl et UNL.  
 
 (Emmanuel Jarry) 
 
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