Loi Travail : la tentation du coup de force

le , mis à jour à 10:25
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Loi Travail : la tentation du coup de force
Loi Travail : la tentation du coup de force

Passera ou passera pas à coup de 49-3 ? Le spectre de cet article castrateur de la Constitution plane sur la loi Travail, dont les députés ont entamé l'examen mardi. Le gouvernement, Myriam El Khomri en tête, a beau répéter qu'il fera tout pour convaincre les députés de gauche de voter ce texte qui les ulcère, la menace plane, comme l'avoue dans nos colonnes l'ancien bras droit de la ministre du Travail. « Elle n'est pas écartée », reconnaît-on au sommet de l'Etat, où le sujet divise faucons et colombes. Ainsi le socialiste Julien Dray plaide-t-il pour la manière forte en cas de « paralysie ». « On est à un an de la présidentielle, on a une série d'informations plutôt positives sur l'économie. Si la gauche se fracasse à nouveau sur le 49-3, c'est embêtant ! » rétorque, inquiet, un partisan de la négociation avec les frondeurs.

Entre l'Elysée et Matignon, les intérêts sont divergents. François Hollande, dont la candidature ne fait plus guère de doute, n'a pas intérêt à braquer son camp au moment où il tente de le ressouder. Ne déclarait-il pas mardi qu'« il n'y a jamais rien qui remplacera le vote, la démocratie et le suffrage universel » ?

Plus grave, dégainer cette arme fatale serait vécu comme un bras d'honneur par les syndicats, au risque de relancer une mobilisation sociale qui semble s'essouffler. Dès lors, le président pourrait être tenté de lâcher du lest, comme le laissait entendre El Khomri mardi dans notre journal. « Le volet sur les licenciements économiques, tout le monde s'en fout ! Le vrai truc, c'est l'inversion de la hiérarchie des normes », souffle un haut responsable PS.

«Valls ne veut pas être taxé de réformiste mou»

Reste à savoir si Manuel Valls, qui a déjà dû en rabattre en rabotant une première fois cette loi, acceptera de reculer encore. « Valls a un côté transgressif, il ne veut pas être taxé de réformiste mou ! », relève un hollandais. Surtout ...

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