Loi Travail-Des solutions au blocage examinées en coulisses

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    * Valls reste ferme, appuyé par Hollande 
    * Il utilisera "tous les moyens" contre la pénurie d'essence 
    * Un amendement socialiste refait surface 
 
    par Elizabeth Pineau 
    PARIS, 26 mai (Reuters) - Le gouvernement a réaffirmé jeudi 
son intransigeance face aux mouvements contre la loi Travail, 
promettant d'assurer l'approvisionnement en carburant et en 
électricité des Français tout en envisageant des aménagements à 
la marge du texte.  
    En première ligne dans cette guerre d'usure, Manuel Valls a 
répété qu'il n'était pas question de renoncer au projet de loi, 
dont la CGT demande le retrait, mais a jugé possible des 
"améliorations" sans toucher à sa "philosophie". 
    Une position approuvée par François Hollande, qui a déclaré 
en marge du sommet du G7 au Japon qu'il partageait les propos du 
Premier ministre et qu'ils en avaient parlé. 
    Alors que le blocage de raffineries et de dépôts de 
carburant par des militants de la CGT provoquent un début de 
pénurie, le Premier ministre a assuré que tout serait fait pour 
assurer l'approvisionnement énergétique du pays.  
    "On ne peut pas bloquer un pays, on ne peut pas s'en prendre 
ainsi aux intérêts économiques de la France", a-t-il répété lors 
des questions d'actualité à l'Assemblée nationale, en cette 
huitième journée de grèves et de manifestations à l'appel d'une 
intersyndicale conduite par la CGT, appuyée par Force ouvrière.  
    "Je n'hésiterai pas à utiliser tous les moyens que me donne 
l'Etat de droit pour faire respecter l'intérêt général, la libre 
circulation", a-t-il prévenu. 
    Ferme face au mouvement social, le gouvernement cherche en 
coulisses une porte de sortie, au prix d'une certaine confusion. 
    Comme le chef de file des députés socialiste Bruno Le Roux, 
et le rapporteur du texte, Christophe Sirugue la veille, Michel 
Sapin a évoqué jeudi une éventuelle modification de l'article 2 
du projet de loi réformant le marché du travail. 
    Cet article, au coeur du texte, affirme notamment la 
primauté de l'accord d'entreprise sur l'accord de branche, ce 
qui est considéré par la CGT et Force ouvrière (FO) comme une 
"inversion de la hiérarchie des normes" inacceptable.    
    "Peut-être faut-il toucher à l'article 2", a dit le ministre 
des finances sur LCP. Ce à quoi Manuel Valls a aussitôt rétorqué 
sur RMC et BFM TV : "On ne touchera pas à l'article 2." 
     
    CONTACTS AVEC FORCE OUVRIÈRE  
    Une cacophonie déplorée par le président du groupe PS au 
Sénat, Didier Guillaume.  
    "Nous aurions pu être meilleurs en terme de cohérence. En 
tout état de cause, la volonté du gouvernement, du chef de 
l'Etat et de la majorité, c'est d'aller jusqu'au bout de cette 
loi Travail", a dit ce proche de François Hollande sur France 3. 
  
    L'article 2 réécrit les dispositions du Code du travail 
relatives à la durée et l'organisation du travail et donne la 
primauté à la négociation d'entreprise. 
    Bruno Le Roux et Christophe Sirugue proposent d'amender cet 
article pour donner aux branches un pouvoir de contrôle a priori 
sur les accords d'entreprises, alors que le texte actuel ne leur 
donne qu'un droit de regard a posteriori. 
    "Si modifier c'est réécrire l'article 2 pour supprimer la 
primauté de l'accord d'entreprise, bien évidemment que non", a 
dit Christophe Sirugue sur RTL.  
    "Si c'est travailler sur l'article 2 pour répondre à la 
problématique soulevée par quelques-uns sur le risque de dumping 
social, la réponse est oui", a-t-il ajouté.  
    Alors que la CGT reste intraitable, des contacts sont pris 
avec FO pour tenter de faire évoluer le rapport de forces. 
    "Oui, je pense qu'on peut travailler avec FO", a déclaré à 
quelques journalistes Catherine Lemorton, présidente PS de la 
commission des Affaires sociales de l'Assemblée. 
    Un sénateur socialiste approuve : "La CGT est isolée, FO 
commence à replier ses gaules", croit-il savoir. "On peut 
trouver une porte de sortie via des accords salariaux et autour 
de l'amendement Sirugue, d'ailleurs approuvé par une très grande 
majorité de parlementaires socialistes."  
    La voie semble étroite, si l'on en croit le secrétaire 
général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly.  
    "Force ouvrière n'acceptera jamais, vous m'entendez jamais, 
l'inversion de la hiérarchie des normes", a-t-il prévenu jeudi 
lors de la manifestation parisienne. 
    Pascal Pavageau, secrétaire confédéral FO chargé de 
l'économie, décrypte : "Si le gouvernement veut donner un signe, 
c'est premièrement il gèle l'examen du projet de loi, 
deuxièmement il met tout le monde autour de la table et il 
maintient l'égalité de droits, donc la hiérarchie des normes". 
 
 (Avec Emile Picy, Ingrid Melander et Jean-Baptiste Vey, édité 
par Emmanuel Jarry) 
 
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  • phili646 il y a 7 mois

    Hollande n'a pas été élu pour remettre en cause le code du travail, il n'a donc aucune légitimité pour faire passer ce texte. il est le principal responsable de cette chienlit !!! et va le payer cash en 2017 !!!!!

  • worsbunc il y a 7 mois

    je suis cegetiste privilegié et indeboulonnable tout doit passer par le syndicat entretenu par les subventions de l etat donc vos impots et les contributions des ce comme edf ....bref vos taxes nous financent ... miam ... donc vous n aurez pas le droit de negocier sans nous ....