Loi Travail-Des milliers d'étudiants et de lycéens dans la rue

le
0
    PARIS, 24 mars (Reuters) - Des milliers d'étudiants et de 
lycéens ont de nouveau manifesté jeudi à l'appel de leurs 
syndicats Unef, Unl et Fidl contre le projet de loi réformant le 
Code du travail, présenté dans la matinée en conseil des 
ministres. 
    A Paris et Nantes, des petits groupes de manifestants 
cagoulés et masqués ont affronté les forces de l'ordre. 
    La mobilisation perdure bien que le gouvernement ait retiré 
certaines des dispositions les plus contestées. 
    La version remaniée ne comprend plus le plafonnement des 
indemnités prud'homales pour licenciement abusif, la possibilité 
pour les petits employeurs de fixer unilatéralement certaines 
règles en cas d'absence d'accord d'entreprise ou une disposition 
permettant de faire travailler plus longtemps des apprentis, sur 
simple information de l'inspection du travail. 
    Les manifestants n'en exigent pas moins le retrait de ce 
texte porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. 
    Le ministère de l'Education nationale a fait état de 57 
lycées bloqués à 11h00, contre 115 le 17 mars dernier, sur 
environ 2.500 lycées publics dans toute la France. 
    A Paris, des centaines de jeunes ont manifesté de la place 
d'Italie au quartier Montparnasse derrière une banderole 
proclamant : "Jeunes et insurgé-e-s, le monde est à nous". 
    Dans le quartier Montparnasse, plusieurs dizaines de 
manifestants cagoulés et masqués ont lancé des projectiles, 
notamment des bouteilles, sur les forces de l'ordre, qui ont 
riposté à coups de grenades lacrymogènes. 
    A Nantes (Loire-Atlantique), 6.000 lycéens et étudiants ont 
manifesté dans le centre-ville, selon la préfecture.  
    Ils brandissaient des banderoles proclamant "Loi Travail : 
précarité à perpétuité", "Les travailleurs-euses de demain 
disent stop" ou "Il faut arrêter les khonris". 
    Un groupe de manifestants masqués a incendié des poubelles. 
Sept jeunes de 16 à 19 ans ont été interpellés après des jets de 
pierres contre les forces de l'ordre, près de l'université.  
    Ces arrestations surviennent alors qu'un intérimaire au 
chômage de 22 ans, décrit par la police comme un "manifestant 
professionnel" et un "leader de l'ultra-gauche" locale, a été 
condamné lundi en comparution immédiate à six mois de prison 
fermes avec maintien en détention. 
    Les syndicats CGT, Force ouvrière (FO), FSU et Union 
syndicale Solidaires, qui appellent à une journée de grèves et 
de mobilisation le 31 mars pour obtenir le retrait du texte. 
    Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien et France Info, 71% 
des Français restent opposés à ce projet de loi.   
 
 (Emmanuel Jarry, avec Guillaume Frouin, édité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant